État autoritaire à parti unique de 100 millions d’habitants, le Vietnam s’impose aussi comme un pôle économique régional en plein essor, avec une croissance de 8 % en 2025. À l’image de Xi Jinping en Chine, To Lam ambitionnait également d’accéder à la présidence, deuxième fonction du système politique vietnamien. Si aucune annonce officielle n’a été faite, la nouvelle composition du politburo, organe suprême du parti, laisse penser qu’il est en passe de cumuler les deux postes, sous réserve d’une validation par l’Assemblée nationale.
Un politburo sous contrôle
Ancien ministre de la Sécurité publique du Vietnam, To Lam incarne un courant favorable aux forces de police, désormais dominant au sein du politburo. Son principal rival, le ministre de la Défense Phan Van Giang, a été relégué au second plan. Une image diffusée par les médias d’État, montrant To Lam entouré de ses alliés Tran Thanh Man, Tran Cam Tu et Le Minh Hung, illustre la concentration du pouvoir autour d’un cercle restreint.
Pour plusieurs analystes, cette configuration traduit une consolidation sans précédent de son autorité personnelle. « Personne n’a été capable de l’arrêter. Il a obtenu ce qu’il voulait », résume l’analyste Tuong Vu.
Réformes, croissance et diplomatie
Arrivé au sommet du parti en 2024 après la mort de Nguyen Phu Trong, To Lam a engagé une restructuration rapide de l’appareil d’État : suppression de huit ministères ou agences, réduction de près de 150 000 fonctionnaires, et lancement de grands projets dans les secteurs ferroviaire et énergétique.
Désormais solidement installé, il entend accélérer le développement du secteur privé, notamment numérique, avec l’objectif d’atteindre une croissance annuelle de 10 % sur les cinq prochaines années. Une ambition qui passera par la modernisation des infrastructures, mises à rude épreuve par le dynamisme économique du pays.
Sur le plan international, le dirigeant veut élever la diplomatie au même rang que la défense et la sécurité, dans un contexte de tensions entre ses deux grands partenaires commerciaux, les États-Unis et la Chine. Il a également réaffirmé sa volonté de poursuivre la lutte anticorruption, une campagne que de nombreux observateurs estiment avoir servi à neutraliser ses adversaires politiques.