Le richissime homme d’affaires chinois en exil, Guo Wengui, a été reconnu coupable d’avoir escroqué des milliers de personnes pour un montant dépassant le milliard de dollars. Un tribunal fédéral de New York l’a condamné, lundi 29 juin, à 30 ans de prison. Ancien magnat de l’immobilier devenu critique virulent du Parti communiste chinois après sa fuite en 2015, il affirmait avoir quitté la Chine par crainte d’une purge. Connu pour son train de vie fastueux, il est accusé d’avoir détourné les fonds de ses soutiens pour financer l’achat de résidences luxueuses et de véhicules haut de gamme.
Au terme du procès, le jury de Manhattan a estimé que Guo Wengui était coupable de neuf des douze chefs d’accusation retenus contre lui, mettant fin à un long feuilleton judiciaire très médiatisé.
Guo Wengui : des fonds détournés et un réseau d’influence politique controversé
Au cœur du dossier figurent près d’un milliard de dollars de dons collectés auprès de ses partisans, censés soutenir ses activités médiatiques et politiques, mais qui auraient servi à financer des dépenses personnelles, dont une Bugatti et un appartement de luxe surplombant Central Park.
Installé aux États-Unis depuis 2015, Guo Wengui s’était imposé sur les réseaux sociaux comme une figure anti-Pékin, appelant à la chute du régime chinois et construisant une large communauté de soutiens. Proche de certains cercles conservateurs américains, il entretenait notamment des liens avec Steve Bannon, arrêté en 2020 sur son yacht dans une autre affaire de détournement de fonds liée à un projet de mur frontalier. Plusieurs personnalités politiques américaines, dont Karoline Leavitt et l’ancien responsable du FBI Kash Patel, figuraient également parmi ses soutiens.
Estimant être la cible d’une persécution politique orchestrée par l’administration Biden, Guo Wengui ne peut désormais espérer qu’une éventuelle grâce présidentielle pour éviter de passer trois décennies derrière les barreaux.