Mardi 24 février, l’armée thaïlandaise a annoncé avoir été impliquée dans un échange de tirs avec des unités cambodgiennes le long de la frontière commune, accusant Cambodge d’avoir violé une trêve conclue en décembre dernier. Dans un communiqué, les autorités militaires précisent que l’incident est survenu alors que des patrouilles opéraient dans une zone frontalière sensible.
Selon la version fournie par Bangkok, un projectile de calibre 40 mm aurait été tiré dans la matinée à proximité d’une patrouille thaïlandaise dans la province de Sisaket. L’armée affirme avoir immédiatement riposté après cette attaque présumée. Elle indique n’avoir enregistré aucune perte dans ses rangs.
Les forces thaïlandaises précisent avoir utilisé un lance-grenades M79 en direction de l’origine supposée du tir, invoquant le respect des règles d’engagement et la nécessité d’assurer la sécurité de leurs soldats.
De son côté, le gouvernement cambodgien rejette catégoriquement ces accusations. Le ministre de l’Information, Neth Pheaktra, a déclaré à l’AFP que ces allégations étaient « totalement infondées » et relèveraient, selon lui, d’une tentative de manipulation de l’opinion publique visant à attiser les tensions frontalières.
Contexte à la frontière et fragilité du cessez-le-feu
Le porte-parole de l’armée thaïlandaise, Winthai Suvaree, a rappelé que ces événements constitueraient une violation du cessez-le-feu signé le 27 décembre, un accord qui avait mis fin à près de trois semaines d’affrontements meurtriers le long de la frontière.
Les deux capitales continuent toutefois de se renvoyer la responsabilité des incidents. La région de Sisaket demeure l’un des points les plus sensibles entre les deux pays, où des différends persistants sur le tracé exact de la frontière ont déjà provoqué de violents heurts par le passé.
Les prises de position publiques des responsables militaires et politiques illustrent ainsi la persistance d’un climat de défiance autour de cette ligne de démarcation, malgré l’existence formelle d’un accord de trêve.