Une entreprise sud-coréenne va financer un programme de cuisson propre en Birmanie, a annoncé ONU Climat jeudi 26 février. Le projet prévoit de remplacer les foyers de cuisson ouverts – alimentés au bois ou au charbon de bois – par des équipements plus économes en combustible et moins polluants.
Objectif affiché : réduire les émissions liées à la combustion domestique, limiter la déforestation et améliorer la qualité de l’air. En contrepartie de ce financement, Séoul recevra des crédits carbone.
La Corée du Sud, huitième émetteur mondial de gaz à effet de serre, s’appuie sur les mécanismes prévus par l’Accord de Paris. Celui-ci autorise un État à financer des projets de réduction d’émissions à l’étranger pour compenser une partie de son propre bilan carbone. Concrètement, les réductions d’émissions générées en Birmanie pourront être comptabilisées par la Corée du Sud.
En Birmanie, des crédits carbone toujours sous le feu des critiques
Le recours aux crédits carbone est déjà largement répandu parmi les entreprises et les États fortement émetteurs. Mais leur efficacité réelle fait débat. De nombreuses ONG dénoncent des projets mal encadrés, parfois peu bénéfiques pour les communautés locales, voire surestimant les réductions d’émissions obtenues.
Le principe même de la compensation est régulièrement assimilé à du greenwashing : plutôt que de réduire directement ses émissions domestiques, un pays peut être tenté d’investir dans des projets à l’étranger, sans transformation structurelle de son économie.
Face à ces critiques, l’ONU affirme avoir renforcé les garde-fous encadrant ces mécanismes dans le cadre de l’Accord de Paris, afin de garantir l’intégrité environnementale et la transparence des crédits carbone. Des centaines d’autres projets similaires sont actuellement en attente d’approbation.