Le Parlement vénézuélien a adopté à l’unanimité, jeudi 9 avril, une nouvelle loi destinée à attirer les investissements étrangers dans le secteur minier. Cette réforme s’inscrit dans la stratégie économique de la présidente par intérim Delcy Rodríguez, arrivée au pouvoir après la capture de Nicolás Maduro en janvier dernier sous pression américaine.
Après avoir déjà ouvert l’industrie pétrolière aux capitaux privés, le gouvernement entend désormais valoriser les vastes ressources minières du pays. « La deuxième lecture du projet de loi organique sur les mines est déclarée approuvée à l’unanimité », a annoncé le président du Parlement, Jorge Rodríguez.
Le texte prévoit un cadre juridique renforcé et un régime fiscal plus attractif afin de sécuriser les investisseurs internationaux. Son adoption intervient dans un contexte de rapprochement avec Washington, illustré notamment par la visite du ministre américain de l’Intérieur Doug Burgum, qui avait évoqué l’intérêt croissant des entreprises américaines pour le marché vénézuélien.
Au Venezuela, un secteur stratégique sous contrôle étatique et gangrené par l’illégal
Si Caracas affiche une volonté de libéralisation, l’État de Venezuela conserve toutefois la propriété des ressources naturelles ainsi que le contrôle des permis d’exploitation. Le Venezuela, riche en or, diamant, bauxite et coltan, concentre une grande partie de ces gisements dans l’Arc minier, une zone de plus de 100 000 km².
Mais ce territoire reste largement dominé par des groupes armés, des gangs et certaines guérillas, qui contrôlent des activités extractives entières, souvent avec la complicité d’acteurs étatiques. Selon plusieurs experts, cette situation s’est aggravée après la suspension des concessions minières en 2011 sous Hugo Chávez, favorisant l’émergence d’une véritable « gouvernance criminelle ».
Dans ces zones, les groupes illégaux prélèvent des commissions sur l’exploitation aurifère et imposent des taxes informelles à l’ensemble des activités économiques locales. Des ONG dénoncent ainsi un système opaque mêlant exploitation illégale, dégradation environnementale et violations des droits humains, appelant à des réformes structurelles du secteur.