AMéRIQUES

La Colombie déploie l’armée à la frontière vénézuélienne après l’intervention des États-Unis

AMéRIQUES
La Colombie a renforcé samedi la sécurité le long de sa frontière avec le Venezuela, quelques heures après l’intervention américaine à Caracas et l’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro. Des unités de l’armée colombienne, appuyées par des chars d’assaut, ont été déployées dans plusieurs zones sensibles, notamment dans le département de Norte de Santander, frontalier de l’État vénézuélien de Táchira.
La Colombie déploie l’armée à la frontière vénézuélienne après l’intervention des États-Unis
L'armée colombienne

Cette décision a été prise sur instruction directe du président colombien Gustavo Petro. Les autorités redoutent une dégradation rapide de la situation régionale, avec des risques de troubles sécuritaires, de mouvements de populations incontrôlés et d’actions opportunistes de groupes armés présents de part et d’autre de la frontière.

Une frontière sous haute surveillance

Sur le terrain, des soldats ont pris position aux principaux points de passage, notamment autour des ponts reliant la ville colombienne de Cúcuta aux localités vénézuéliennes voisines. Selon des militaires rencontrés sur place, certaines unités ont été retirées de zones de lutte contre la guérilla afin de concentrer les efforts sur la surveillance frontalière.

L’objectif affiché est double : empêcher toute infiltration de bandes criminelles et anticiper une éventuelle vague migratoire en provenance du Venezuela. Bogotá craint que l’arrestation de Nicolas Maduro ne provoque un vide de pouvoir ou des affrontements internes, susceptibles d’avoir des répercussions immédiates sur le territoire colombien.

L’opération américaine et ses répercussions régionales

Dans la nuit de vendredi à samedi, les États-Unis ont mené des frappes ciblées sur Caracas et ses environs avant de capturer le chef de l’État vénézuélien. Le président américain Donald Trump a affirmé que Washington entendait superviser une transition qu’il qualifie de « sûre » au Venezuela, pays d’environ 30 millions d’habitants.

Cette opération a été vivement critiquée par Gustavo Petro, qui y voit une violation de la souveraineté vénézuélienne et un facteur de déstabilisation pour toute la région. Les échanges verbaux entre les deux présidents se sont rapidement durcis, Donald Trump mettant en garde les pays producteurs de cocaïne destinées au marché américain contre de possibles actions militaires.

Craintes sécuritaires et menace des groupes armés

Dans la foulée de l’intervention américaine, la Colombie a déclenché un état d’alerte renforcé. Les autorités redoutent des attaques de groupes armés illégaux, notamment la guérilla de l’Armée de libération nationale et des dissidents des ex-FARC, qui ont récemment dénoncé les menaces américaines contre Caracas.

Le ministre colombien de la Défense, Pedro Sánchez, a toutefois cherché à rassurer en affirmant que le narcotrafic restait un ennemi commun à la Colombie et aux États-Unis. Il a insisté sur la nécessité de maintenir la coopération sécuritaire, tout en protégeant l’intégrité territoriale colombienne.

Le spectre d’une crise humanitaire

Au-delà des enjeux militaires, le gouvernement colombien s’inquiète d’un possible choc humanitaire. Selon l’ONU, près de huit millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays depuis 2014, fuyant la crise économique et politique. Une grande partie d’entre eux s’est installée en Colombie, déjà fortement sollicitée par cet afflux.

Samedi, le principal point de passage, le pont Simón Bolívar à Villa del Rosario, présentait toutefois un visage inhabituel, avec un flux de personnes nettement réduit. Sur place, l’incertitude domine. Beaucoup s’interrogent sur l’avenir du Venezuela après la chute de Nicolas Maduro et sur la possibilité d’un retour progressif des exilés.

Pour certains Vénézuéliens installés en Colombie, l’arrestation de l’ancien président représente un espoir. « C’est une lumière au bout du tunnel », confie un homme de 46 ans, sous couvert d’anonymat. D’autres, comme Kevin Herrera, serveur de 26 ans rencontré à Cúcuta, envisagent déjà un retour au pays, convaincus que « rien ne vaut sa terre natale ».

Avec AFP

L'INFO EN CONTINU

Toute l'actualité

À LIRE ENSUITE

LES PLUS LUS