La justice du Brésil est revenue jeudi sur l’autorisation accordée à un conseiller du président américain Donald Trump de rendre visite en prison à l’ancien chef de l’État Jair Bolsonaro. Cette décision intervient après une mise en garde du gouvernement brésilien évoquant un risque d’ingérence étrangère dans les affaires internes du pays.
Le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes a finalement révoqué l’autorisation qu’il avait lui-même délivrée deux jours plus tôt. Celle-ci devait permettre à Darren Beattie, conseiller chargé du Brésil au sein du département d’État américain, de rencontrer Jair Bolsonaro en prison le 18 mars.
Considéré comme un haut responsable de l’administration Trump, Darren Beattie a déjà exprimé sa sympathie envers l’ancien président brésilien, condamné en septembre à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État.
Mise en garde du gouvernement du Brésil avant la présidentielle
Le ministère des Affaires étrangères a rappelé que le visa accordé à Darren Beattie visait uniquement sa participation à un forum consacré aux minerais critiques, ainsi qu’à des réunions officielles avec des responsables du gouvernement.
Dans un document transmis à la Cour, la diplomatie a averti que « la visite d’un agent public étranger à un ancien président de la République au cours d’une année électorale pourrait constituer une ingérence indue dans les affaires internes de l’État brésilien ». Un argument retenu par le juge Moraes pour revenir sur sa décision.
Une élection présidentielle est en effet prévue en octobre au Brésil. Malgré son incarcération, Jair Bolsonaro reste une figure majeure de la vie politique nationale. L’ancien chef de l’État a d’ailleurs désigné son fils aîné, le sénateur Flavio Bolsonaro, comme candidat de la droite face au président sortant de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.