À partir du 26 mars 2026, les autorités de transition maliennes lancent une série de projections du documentaire Yambo Ouologuem, la blessure. L’écrivain malien avait marqué l’histoire littéraire en devenant, en 1968, le premier auteur africain à recevoir le prestigieux prix Renaudot pour son roman Le devoir de violence.
Mais sa carrière fut assombrie en 1972 par des accusations de plagiat, le contraignant à retourner au Mali sous le poids de l’opprobre. Le documentaire revient sur ce parcours singulier et prévoit plusieurs projections dans différentes villes maliennes jusqu’au 31 mars.
Yambo Ouologuem avait fasciné le monde littéraire parisien, admiré autant pour son œuvre que pour sa personnalité, avant de tomber en disgrâce. Le film retrace son itinéraire, des plateaux télévisés parisiens à la maison familiale de Mopti, où il s’était finalement réfugié.
Témoignages et archives de Yambo Ouologuem : la mémoire d’un écrivain oublié
Le documentaire mêle images d’archives et témoignages révélateurs. Sa famille, son éditrice et ses amis parisiens racontent la gloire puis la chute de l’auteur. Les écrivains Alain Mabanckou et Mohamed Mbougar Sarr soulignent quant à eux son génie littéraire.
« J’attendais cette projection au Mali parce que c’est important pour moi », explique Kalidou Sy, réalisateur du film. « À Mopti, on connaissait Yambo Ouologuem le Malien, mais pas le Yambo Ouologuem français, écrivain, intellectuel, provocateur. Je suis heureux de faire découvrir cette facette de ce personnage complexe ».
La tournée s’inscrit, selon les autorités, « dans un contexte de refondation et d’affirmation de la souveraineté culturelle du Mali ». Malgré son rôle de journaliste à France 24 – chaîne censurée au Mali depuis 2022 –, Kalidou Sy ne craint pas que le film soit instrumentalisé : « Le plus important, c’est qu’il soit vu par les Maliens. Yambo Ouologuem mérite sa place parmi les plus grands écrivains africains ».
Les projections auront lieu à Bamako, notamment à la faculté de lettres récemment rebaptisée « Yambo Ouologuem », et à Mopti, où l’auteur est décédé en 2017 à l’hôpital de Sévaré.