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Trois ans de guerre au Soudan : un bilan alarmant et un avenir incertain

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Trois ans après le déclenchement du conflit en avril 2023, la guerre au Soudan reste sans perspective claire de sortie de crise. Après un regain de violences marqué notamment par la prise de la ville d’El-Fasher par les paramilitaires à l’automne, quel est le bilan pour 2025 et quels espoirs pour 2026 ?
Trois ans de guerre au Soudan : un bilan alarmant et un avenir incertain
Guerre au Soudan

Deux factions rivales toujours en conflit

Au Soudan, les combats opposent toujours les deux factions militaires rivales. D’un côté, les Forces armées soudanaises (SAF), dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhan, au pouvoir depuis le putsch d’octobre 2021. De l’autre, les Forces de soutien rapide (FSR), paramilitaires sous la conduite du général Mohammed Hamdan Daglo, dit Hemetti.

Une crise humanitaire sans précédent

Les chiffres de cette crise, qualifiée par l’ONU de « pire crise humanitaire au monde », continuent de dépasser des seuils alarmants. Le conflit aurait fait près de 150 000 morts. Près des deux tiers de la population soudanaise nécessitent une aide humanitaire urgente, tandis que des situations de famine ont été signalées dans au moins cinq régions.

Déplacements massifs et traumatisme de la population

Un Soudanais sur trois a été déraciné : depuis avril 2023, près de 13 millions de personnes ont été déplacées de force, dont 8,6 millions à l’intérieur du pays et plus de 4 millions réfugiées dans les pays voisins.

Les femmes et les jeunes filles sont particulièrement vulnérables, victimes de viols, de mariages forcés et d’enlèvements. Les enfants, eux, sont souvent séparés de leurs familles et profondément traumatisés.

Une intensification de la violence à El-Fasher

Depuis la prise d’El-Fasher au Darfour Nord par les FSR le 26 octobre, la violence s’est accentuée, avec des accusations de massacres et de nettoyage ethnique dont l’ampleur exacte reste difficile à établir. Selon le Réseau des médecins soudanais, environ 5 000 civils sont détenus par les paramilitaires dans la ville de Nyala.

De nombreux Soudanais en exil ont perdu tout contact avec leurs proches. L’écrivain Abdelaziz Baraka Sakin raconte : « Dans le passé, j’avais de bons contacts à El-Fasher et El-Geneina, mais depuis la conquête des villes par les FSR, il n’y a plus de communication et plus de nouvelles de mes proches. »

Des informations alarmantes

« Les seules informations disponibles proviennent des FSR, souvent sous forme de vidéos montrant des exécutions et des enterrements de civils, raconte Abdelaziz Baraka Sakin. Ce sont des images très dures à voir. »

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) alerte sur un risque d’extension du conflit, la ville d’El-Obeid, capitale du Kordofan du Nord, pouvant prochainement être ciblée par les FSR, mettant en danger plus de 500 000 personnes.

L’implication des puissances étrangères

L’ONU appelle à ce que les crimes soient documentés et que leurs auteurs soient jugés. Mais Abdelaziz Baraka Sakin reste sceptique : aucune issue politique ne semble se profiler à court terme. Il dénonce également l’implication de puissances extérieures, comme les Émirats arabes unis, accusés de fournir des armes aux FSR via le Tchad.

« Certains pays tirent profit de cette guerre et continuent de l’alimenter, soupire-t-il. Je crains que le conflit ne dure encore des années. »

L’espoir d’un futur civil et juste

Malgré l’impunité persistante depuis des décennies, Abdelaziz garde un espoir : l’instauration, un jour, d’un régime civil et d’une justice capable de rendre des comptes aux victimes de cette guerre.

Avec Affairage.ci

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