Abdoulaye Diarra a été agressé puis tué à proximité de son domicile à Bamako, après avoir été injustement soupçonné d’être un « terroriste » en raison de son apparence physique. Cet acte dramatique s’inscrit dans un contexte de forte instabilité dans la capitale malienne, exacerbée après les attaques coordonnées du 25 avril attribuées à des groupes jihadistes et séparatistes, qui ont profondément aggravé la crise sécuritaire dans le pays.
Depuis ces événements, un climat de méfiance s’est installé dans plusieurs grandes villes du Mali. Des cas de « justice populaire » se multiplient, visant des civils accusés sans preuves de liens avec des groupes armés. Les personnes ciblées le sont souvent sur la base de critères arbitraires tels que leur tenue vestimentaire, leur apparence physique, des troubles de santé visibles ou encore leur origine supposée.
Au Mali, des dérives de la vindicte populaire et une société sous tension
Plusieurs témoignages décrivent des agressions visant des personnes innocentes. Un journaliste proche de la victime raconte une scène de violence collective à Bamako, où Abdoulaye Diarra a été pris à partie par une foule avant de succomber à ses blessures. L’affaire a suscité une forte émotion sur les réseaux sociaux et relancé le débat sur les dérives de la justice populaire.
D’autres cas similaires ont été rapportés. Un jeune homme malade a été violemment agressé après avoir été confondu avec un suspect, tandis qu’un vendeur ambulant a dû modifier son apparence pour éviter d’être pris pour cible. Certains habitants, notamment des jeunes, disent désormais vivre dans la peur et limiter leurs déplacements.
Face à cette situation, les autorités militaires ont reconnu des dérapages, tout en appelant la population à ne pas s’en prendre à des innocents. Des experts estiment toutefois que les discours officiels et la dégradation du contexte sécuritaire ont contribué à alimenter ces tensions, tandis que des groupes armés exploitent ces violences pour renforcer leur influence et justifier certaines actions sur le terrain.