AFRIQUE

Le silence officiel de l’AES face à la guerre États-Unis–Israël contre l’Iran

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Alors que l’AES reste prudente face à la guerre opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël, des cyberactivistes proches des régimes militaires sahéliens affichent leur soutien à Téhéran, selon un rapport du Timbuktu Institute.
Le silence officiel de l’AES face à la guerre États-Unis–Israël contre l’Iran
L’Alliance des États du Sahel (AES) presantant son nouveau drapeau

Depuis le début du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) n’ont adopté aucune position officielle. Au Mali, le Premier ministre de la Transition s’est contenté de présenter ses condoléances à la suite de la mort d’Ali Khamenei, sans pour autant afficher de soutien ni de condamnation envers l’un ou l’autre camp.

Cette prudence s’explique notamment par le rapprochement amorcé depuis plusieurs mois entre l’AES et Washington. Des discussions ont été relancées, en particulier dans les domaines sécuritaire et du développement, laissant entrevoir un retour progressif de la coopération avec les États-Unis.

Cyberactivistes pro-AES : un soutien marqué à l’Iran

Dans le même temps, les soutiens des régimes militaires au Sahel affichent clairement leur préférence sur les réseaux sociaux. Dans un rapport publié le 11 mars, le Timbuktu Institute analyse cette mobilisation numérique favorable au régime iranien.

« Les cyberactivistes proches des régimes militaires au Sahel tentent de transformer, même symboliquement, les drones iraniens en symbole de souveraineté. Ils se réjouissent des failles américaines et rêvent d’un Sud global qui refuserait de plier », explique Bakary Sambe, président du Timbuktu Institute à Dakar. Une posture qu’il qualifie de contradictoire, alors même que les régimes de l’AES — Mali, Niger et Burkina Faso — négocient en coulisses un retour de la coopération avec les États-Unis dans la région.

Selon lui, l’Iran est rapidement présenté comme un modèle de résistance et de souveraineté, incarnant les aspirations anti-occidentales, voire antifrançaises, qui traversent certains discours politiques au Sahel.

Plusieurs observateurs et responsables politiques, notamment aux États-Unis et en Europe, ont par ailleurs dénoncé l’illégalité des frappes menées par Washington et Tel-Aviv, estimant qu’elles ont été réalisées en dehors du cadre du droit international.

Cependant, souligne Bakary Sambe, les cyberactivistes pro-AES restent silencieux sur les victimes civiles du régime iranien. « Au contraire, on observe des formes de solidarité avec l’Iran, perçu comme un symbole de résistance qui devrait également inspirer les pays du Sahel », conclut-il.

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