Le prince Harry a essuyé une défaite judiciaire au Royaume-Uni face au groupe de presse Associated Newspapers Limited (ANL), propriétaire du tabloïd Daily Mail. Après plusieurs années de procédure, la Haute Cour de Londres a rejeté les accusations du duc de Sussex, qui reprochait au journal d’avoir eu recours à des méthodes illégales pour obtenir des informations sur sa vie privée.
Les juges ont estimé que les plaignants n’étaient pas parvenus à démontrer que les journalistes du Daily Mail avaient obtenu leurs informations par des moyens illicites. La justice britannique a également relevé que plusieurs plaintes avaient été déposées au-delà du délai légal de prescription, fixé à six ans. En conséquence, le groupe ANL ne pourra pas être condamné pour pratiques illégales de collecte d’informations.
Le prince Harry a dénoncé une décision « incohérente » et « choquante ». Dans un communiqué, le fils du roi Charles III a estimé que cette procédure n’avait permis d’obtenir « ni justice ni comptes à rendre ».
Le duc de Sussex accusait notamment le tabloïd d’avoir piraté son téléphone, d’avoir trompé son entourage et utilisé des enquêteurs privés pour recueillir des informations confidentielles dans les années 2000, notamment sur ses relations sentimentales lorsqu’il était jeune adulte.
Affaire prince Harry : Une victoire revendiquée par le Daily Mail, un revers pour le duc de Sussex
Le procès, qui s’est étalé sur plus de deux mois, impliquait également plusieurs personnalités publiques. Le chanteur Elton John affirmait avoir été victime d’intrusions liées à ses dossiers médicaux, tandis que l’actrice Sadie Frost dénonçait la publication d’informations privées concernant son divorce avec Jude Law.
Au total, les plaignants estimaient que des écoutes téléphoniques, des interceptions de messages vocaux ou des manœuvres trompeuses avaient alimenté des dizaines d’articles publiés entre 1993 et 2018. La Haute Cour n’a toutefois pas retenu ces accusations faute de preuves suffisantes.
Pour le groupe ANL, ce verdict constitue une « victoire écrasante » pour le Daily Mail, ses journalistes et, plus largement, pour « la liberté de la presse ». Le groupe de presse a assuré que ses équipes avaient travaillé dans le respect de la loi et à partir de sources légitimes.
Cette décision pourrait toutefois avoir des conséquences financières importantes pour le prince Harry et les autres plaignants, qui devront prendre en charge les frais de justice du journal, estimés à plusieurs dizaines de milliers de livres.
Il s’agit de la première défaite judiciaire du duc de Sussex dans ses multiples affrontements avec les tabloïds britanniques. Harry accuse depuis longtemps la presse à scandale d’avoir contribué au climat médiatique qui entourait sa mère, la princesse Diana, décédée en 1997. Cette nouvelle déconvenue intervient alors que son image demeure fragilisée au Royaume-Uni depuis son retrait de ses fonctions officielles au sein de la famille royale.