En Afrique du Sud, des groupes de citoyens ont lancé un ultimatum exigeant le départ des étrangers en situation irrégulière avant le 30 juin, une initiative non approuvée par les autorités. Dans ce contexte, les départs se sont multipliés ces dernières semaines. Selon le National Joint Operational and Intelligence Structure (Natjoints), plus de 25 000 ressortissants étrangers ont déjà été rapatriés, principalement pour des raisons de sécurité.
Plusieurs pays, dont le Nigeria, le Malawi, le Ghana, le Zimbabwe et le Mozambique, ont mis en place des dispositifs de rapatriement volontaire, via des vols et des bus, alors que des milliers de migrants cherchent à quitter le territoire par crainte de violences. Les autorités font état d’une forte hausse des départs, après environ 15 000 cas recensés la semaine précédente.
Afrique du Sud : violences, arrestations et montée du sentiment anti-étrangers
Le climat sécuritaire reste tendu, marqué par des manifestations, des pillages et des attaques visant des étrangers en Afrique du Sud, ayant causé au moins quatre morts selon la police, parmi lesquels des ressortissants mozambicains, éthiopiens et malawites. Natjoints recense également 103 affaires liées à des actes hostiles envers les étrangers et près de 195 arrestations depuis le mois de mars.
Des groupes organisés, opposés à l’immigration illégale, ont mené des marches et des opérations de contrôle dans les quartiers, forçant parfois des migrants à présenter leurs papiers ou à quitter leur logement. Cette situation a conduit de nombreux étrangers à s’installer dans des campements de fortune à Durban, au Cap et à Johannesburg, dans l’attente d’un rapatriement. Les analystes soulignent que ces tensions récurrentes s’inscrivent dans un contexte de chômage élevé et de difficultés économiques, où les migrants servent régulièrement de boucs émissaires.