Figure majeure de l’opposition en Azerbaïdjan depuis plus de trente ans, Ali Karimli comparaît à partir du mercredi 10 juin à Bakou pour “tentative de coup d’État”, une accusation fondée sur l’article 278-1 du Code pénal azerbaïdjanais. D’après ses avocats, il encourt une peine de 12 à 20 ans de prison.
Emprisonné depuis le 1er décembre 2025, l’ancien secrétaire d’État rejette en bloc les charges retenues contre lui, qu’il qualifie de “fabriquées et motivées par des raisons politiques”. Il affirme ne pas avoir accès à un véritable dossier d’enquête ni à des éléments permettant d’assurer sa défense, dénonçant une procédure opaque.
Opposant de longue date au pouvoir en place, il s’est imposé comme l’un des principaux adversaires du régime des Aliev, au pouvoir depuis l’époque de Heydar Aliyev puis de son fils Ilham Aliyev. Il décrit une répression systématique visant les voix critiques et se considère comme un “prisonnier d’opinion”.
Ali Karimli : risques en détention et accusations d’“assassinat politique”
Depuis son lieu d’incarcération au centre de détention du Service de sécurité d’État, Ali Karimli dit craindre pour sa vie, évoquant des décès suspects de détenus politiques ces dernières années. Il n’exclut pas l’hypothèse d’un “assassinat politique” s’il venait à mourir en détention, estimant que seule une décision politique de haut niveau pourrait entraîner un tel scénario.
S’il dit ne pas craindre les autres détenus ni les gardiens ordinaires, il affirme redouter un ordre venu du sommet de l’État. Il assure néanmoins rester déterminé, refusant toute idée de suicide et affirmant vouloir poursuivre son engagement politique malgré l’emprisonnement.
Souvent comparé par certains médias occidentaux à Alexeï Navalny, il dit ne pas se reconnaître dans ce parallèle, tout en comprenant qu’il puisse être établi en raison de son rôle central dans l’opposition et des risques qu’il encourt.