Malgré le retrait officiel du Mali de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest en janvier 2025, l’organisation sous-régionale a élevé la voix ce dimanche pour condamner avec fermeté les attaques coordonnées qui ont visé le pays la veille.
Dans un communiqué diffusé depuis Abuja, la Cédéao dénonce des « actes odieux » qui traduisent, selon elle, « la nature barbare des auteurs », tout en alertant sur une menace persistante contre la paix, la sécurité et la stabilité de l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.
Face à cette nouvelle flambée de violence, l’institution appelle à une mobilisation générale de tous les États, des forces de défense, des mécanismes régionaux ainsi que des populations ouest-africaines afin de mutualiser les efforts contre le terrorisme. Elle a également adressé ses sincères condoléances aux familles endeuillées et exprimé sa pleine solidarité envers les autorités et le peuple maliens.
Cette prise de position revêt une portée symbolique particulière. Plus d’un an après la rupture institutionnelle entre Bamako et la Cédéao, la réaction de l’organisation montre que la coopération sécuritaire demeure un impératif dépassant les divergences diplomatiques lorsque la stabilité régionale est menacée.
Dakar, Nouakchott et l’Union africaine rejoignent le front du soutien au Mali
La condamnation de la Cédéao a rapidement trouvé un écho auprès de plusieurs capitales africaines. Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a dénoncé « avec la plus grande fermeté » les attaques terroristes contre « la République sœur du Mali », assurant que Dakar restera engagé aux côtés de Bamako et des autres pays de la sous-région pour restaurer la paix dans cet espace commun.
Même tonalité à Nouakchott, où le ministère mauritanien des Affaires étrangères a exprimé sa « solidarité totale » avec le Mali, rappelant les liens de fraternité et de bon voisinage entre les deux nations et souhaitant une sortie rapide de cette crise sécuritaire. L’Union africaine s’est également jointe au concert des condamnations par la voix du président de sa Commission, Mahmoud Ali Youssouf, qui a réaffirmé l’engagement constant de l’organisation en faveur de la paix au Mali et dans tout le Sahel.
Ces réactions interviennent alors que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad ont revendiqué plusieurs offensives simultanées, affirmant avoir ciblé des sites stratégiques à Bamako et pris le contrôle de Kidal. En réponse, l’armée malienne assure avoir neutralisé plusieurs centaines d’assaillants et affirme garder la maîtrise de la situation. Dans la capitale, un couvre-feu exceptionnel de 72 heures a été instauré, signe de la gravité de l’alerte sécuritaire.