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Chine : Jimmy Lai condamné à 20 ans de prison

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Le magnat de la presse et militant prodémocratie Jimmy Lai a été condamné lundi par un tribunal de Hong Kong à 20 ans de prison pour collusion avec l’étranger et publication séditieuse. John Lee, chef de l’exécutif hongkongais, a qualifié cette condamnation de « profondément satisfaisante », tandis que l’ONG Human Rights Watch l’a comparée à un « arrêt de mort ».
Chine : Jimmy Lai condamné à 20 ans de prison
Le magnat de la presse et militant pro-démocratie hong-kongais Jimmy Lai

Malgré les pressions du Royaume-Uni et des États-Unis en faveur de sa libération, Jimmy Lai, reconnu coupable de sédition et de collusion avec l’étranger, a désormais une peine ferme. Le tribunal de Hong Kong a prononcé ce jugement le 9 février.

« Après avoir examiné la gravité de la conduite criminelle de Lai, le tribunal a estimé que la peine totale devait s’élever à 20 ans d’emprisonnement », précise un document récapitulatif des juges, rendu lors d’une audience de quelques minutes seulement. Il s’agit de la sanction la plus lourde jamais infligée en vertu de la loi sur la sécurité nationale, imposée en 2020 par la Chine.

Son fils, Sebastien, s’est dit bouleversé dans un communiqué : « Condamner mon père à cette peine draconienne est dévastateur pour notre famille et met sa vie en danger. Cela marque la destruction complète du système judiciaire de Hong Kong et la fin de la justice. » Le conseil taïwanais des Affaires continentales, chargé des relations avec la Chine, a également dénoncé la condamnation, estimant que la Chine et Hong Kong « ont inclus l’influence des médias et les connexions internationales dans le champ de la sécurité nationale, dans le but de semer la peur à travers les secteurs et les frontières ».

De son côté, John Lee a affirmé : « Les crimes de Jimmy Lai sont odieux et extrêmement graves. Sa lourde peine de 20 ans démontre la force de l’État de droit, fait prévaloir la justice et est profondément satisfaisante. »

Présent dans le box des accusés, Jimmy Lai est resté impassible lors de la lecture du jugement. En quittant la salle, il a salué de la main, le visage grave, les personnes présentes, dont son épouse Teresa et d’anciens journalistes d’Apple Daily, le journal prodémocratie qu’il avait fondé et qui est désormais fermé.

L’homme d’affaires, qui encourait la prison à vie, avait été reconnu coupable le 15 décembre de trois chefs d’accusation. Selon les défenseurs des droits humains, ce procès marque la fin de la liberté de la presse, longtemps considérée comme un pilier de Hong Kong depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

Le tribunal a inclus dans la peine totale de 20 ans deux années déjà prononcées pour fraude, ce qui signifie que Jimmy Lai devrait purger 18 années supplémentaires. Les poursuites reposaient sur la loi sur la sécurité nationale, adoptée par la Chine après les manifestations prodémocratie de 2019, parfois violentes. Les faits de collusion avec l’étranger étaient passibles de la prison à vie, tandis que ceux de publication séditieuse entraînaient deux ans de détention.

Dans leur jugement de 856 pages rendu en décembre, les juges ont écrit que l’ex-magnat de 78 ans avait « nourri rancune et haine envers la Chine pendant une grande partie de sa vie d’adulte » et cherché à « renverser le Parti communiste chinois ». L’accusation l’a également présenté comme le cerveau de complots visant à provoquer des actes hostiles de pays étrangers contre Hong Kong ou la Chine, et à instaurer des sanctions ou un blocus. Jimmy Lai avait plaidé non coupable.

Emprisonné depuis 2020, il est maintenu à l’isolement — selon les autorités, « à sa demande » — mais sa famille s’inquiète pour sa santé fragile.

Réactions internationales contre la condamnation de Jimmy Lai

Les organisations de défense des droits humains ont exprimé leur consternation. Amnesty International a dénoncé « une attaque de sang-froid contre la liberté d’expression, illustrant le démantèlement systématique des droits autrefois caractéristiques de Hong Kong ». Human Rights Watch a estimé que cette lourde peine de 20 ans constituait « un arrêt de mort » pour l’homme de 78 ans.

Jimmy Lai est détenteur d’un passeport britannique. Le Royaume-Uni a dénoncé le caractère « politique » du procès. Le Premier ministre Keir Starmer a évoqué le dossier lors de sa visite en Chine fin janvier, au cours de ses entretiens avec le président Xi Jinping. La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a promis d’« intervenir davantage et sans délai » auprès de Pékin et affirmé : « Nous nous tenons aux côtés du peuple de Hong Kong. »

Pékin a, pour sa part, jugé la condamnation « légitime » et rejeté toute ingérence étrangère. Un porte-parole des Affaires étrangères a déclaré : « Les organes judiciaires de Hong Kong exercent leurs fonctions conformément à la loi. Cela est raisonnable, légitime et légal et il n’y a pas lieu de discuter. »

L’Union européenne a appelé à sa « libération immédiate » et dénoncé les poursuites à caractère politique contre Jimmy Lai et d’anciens dirigeants et journalistes d’Apple Daily, estimant qu’elles « nuisent à la réputation de Hong Kong ».

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