Selon un communiqué du Comité d’enquête, « un individu non identifié a ouvert le feu à plusieurs reprises » sur le général Vladimir Alekseïev, haut responsable du renseignement militaire russe, avant de prendre la fuite. Le général a été hospitalisé. Une enquête a été ouverte pour « tentative d’assassinat » et « trafic d’armes ».
Aucune hypothèse n’a été officiellement privilégiée dans l’immédiat. Toutefois, le porte-parole du Kremlin, Sergueï Lavrov, a accusé l’Ukraine d’être à l’origine de cette attaque, qualifiée d’« acte terroriste ».
Des enquêteurs ainsi que des experts ont été déployés sur les lieux et les images des caméras de surveillance sont en cours d’analyse, a précisé le Comité d’enquête. Le secteur a été bouclé par la police, tandis que de nombreux journalistes se sont rendus sur place. Des véhicules du Comité d’enquête étaient visibles aux abords de l’immeuble. « Les services spéciaux sont actuellement à l’œuvre », a déclaré à la presse Dmitri Peskov, qui a souhaité au général blessé « de survivre et de se rétablir ».
Vladimir, un acteur clé du renseignement russe
Vladimir Alekseïev est le premier adjoint du général Igor Kostioukov, à la tête du renseignement militaire russe (GRU). Ce dernier dirigeait récemment la délégation russe lors de pourparlers entre Moscou et Kiev, organisés à Abou Dhabi avec la participation des États-Unis, dans le cadre des discussions sur le conflit en Ukraine.
Âgé de 64 ans, le général Alekseïev fait l’objet de sanctions occidentales pour son implication présumée dans des cyberattaques attribuées à la Russie. Il est également accusé d’avoir participé à l’organisation de l’empoisonnement de l’ex-espion Sergueï Skripal au Royaume-Uni en 2018.
D’après sa biographie officielle, il s’est distingué lors des opérations de renseignement menées en Syrie à partir de 2015, lorsque la Russie est intervenue militairement contre les groupes jihadistes en soutien au régime de Bachar el-Assad. Il aurait aussi pris part aux négociations avec Evguéni Prigojine, chef du groupe paramilitaire Wagner, lors de sa tentative de mutinerie en juin 2023.
Depuis le lancement de l’offensive russe à grande échelle contre l’Ukraine en février 2022, plusieurs généraux russes, responsables locaux et figures publiques favorables au conflit ont été tués dans des explosions en Russie ou dans les territoires ukrainiens occupés. Certains de ces assassinats ont été revendiqués par Kiev.