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Centrafrique : clôture de la campagne présidentielle dans un climat de boycott et de tensions

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Les candidats à l’élection présidentielle en Centrafrique de ce dimanche 28 décembre, dont le président sortant Faustin-Archange Touadéra, ont tenu leurs derniers rassemblements vendredi 26 décembre, marquant la clôture officielle de la campagne électorale. Favori pour un troisième mandat consécutif, Touadéra s’adresse à un électorat appelé à voter lors d’un quadruple scrutin – présidentiel, législatif et local – dans un contexte de boycott annoncé par une partie de l’opposition.
Centrafrique : clôture de la campagne présidentielle dans un climat de boycott et de tensions
Présidentielle en Centrafrique

Une opposition dénonçant une « mascarade »

En Centrafrique, certains partis de l’opposition appellent au boycott du scrutin, dénonçant une « mascarade » et accusant le président d’avoir modifié la Constitution en 2023 pour se maintenir au pouvoir à vie.

Mobilisation massive à Bangui

À Bangui, des milliers de militants vêtus aux couleurs du parti présidentiel ont rempli le stade de 20 000 places. Dans une ambiance festive, ils brandissaient affiches et drapeaux. « Je vous assure que, si vous votez pour moi, vous aurez la paix », a déclaré Faustin-Archange Touadéra, président sortant de la Centrafrique, vêtu d’une chemise blanche et d’un pagne à son effigie.

Frédéric Boïfini, 47 ans, soutien du président de la Centrafrique, déclare vouloir « continuer sur cette voie pour garantir un avenir meilleur à nos enfants ». À l’inverse, Jospin Selegoumon, 54 ans, commerçant, s’interroge : « Le peuple souffre encore, et il est temps qu’on vote pour un vrai président. »

Dologuélé mise sur la mobilité

Son principal adversaire, Anicet-Georges Dologuélé, a choisi la mobilité pour sa clôture de campagne. Son convoi de sept véhicules, escorté de quelques militaires, s’est rendu à Mbaïki, à 100 km au sud-est de Bangui, dans la préfecture de la Lobaye, fief de son allié Jean-Serge Bokassa, fils de l’ancien empereur Bokassa.

« La préfecture a voté pour moi en 2020, c’est une forme de reconnaissance », explique Dologuélé. Ne pouvant utiliser les vols réservés pour parcourir le pays, il a opté pour un trajet accessible en voiture. Sur place, la mobilisation varie : certains villages suivent activement le candidat, d’autres restent indifférents. Sans tee-shirts ni goodies, les partisans brandissent des tracts et scandent des slogans. « Je veux du changement pour le pays, j’irai voter pour lui dimanche », assure Marcelin, 48 ans.

Dologuélé dénonce par ailleurs la réquisition des salles de Bangui par le parti présidentiel et conclut avec pragmatisme : « Touadéra pense que le pays lui appartient, on verra dans deux jours. »

Dondra privilégie les rencontres de terrain

Henri-Marie Dondra, autre challenger sérieux, n’a organisé aucun rassemblement. Il a préféré parcourir les quartiers de Bangui pour rencontrer la population et clôturer « une semaine intense », selon son porte-parole Benam Becareme. L’impossibilité d’utiliser l’avion pour se déplacer hors de la capitale a limité sa capacité à diffuser son message à l’échelle nationale.

Avec Affairage.ci

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