ASIE-PACIFIQUE

Conflit frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande: Plus de 500 000 personnes déplacées, selon Phnom Penh

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La crise humanitaire s’aggrave au Cambodge à la suite de la reprise des combats à la frontière avec la Thaïlande. Selon les autorités cambodgiennes, plus d’un demi-million de civils ont été contraints de quitter leurs foyers depuis deux semaines, fuyant des affrontements violents impliquant de l’artillerie lourde et des frappes aériennes. Phnom Penh parle de 518 611 personnes évacuées, dont de nombreuses femmes et des enfants.
Conflit frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande: Plus de 500 000 personnes déplacées, selon Phnom Penh
Conflit frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande

Des populations civiles prises au piège des combats

Le ministère cambodgien de l’Intérieur affirme que les déplacements forcés sont causés par des tirs d’artillerie, des roquettes et des bombardements menés par des avions de combat thaïlandais. Des villages entiers ont été vidés, des écoles fermées et des familles déplacées vers des zones plus sûres. Du côté de la Thaïlande, les autorités reconnaissent également l’ampleur de la crise, évoquant près de 400 000 personnes déplacées au total depuis la reprise des violences.

À Bangkok, le porte-parole du ministère de la Défense, Surasant Kongsiri, a indiqué que le nombre de personnes hébergées dans des centres d’évacuation avait légèrement diminué, tout en précisant que plus de 200 000 personnes y restent encore accueillis. Les habitants sont invités à la prudence avant tout retour, en raison de la possible présence de mines et de munitions non explosées.

Des affrontements meurtriers autour de sites sensibles

Les combats se poursuivent notamment près du Preah Vihear, un temple khmer vieux de 900 ans, au cœur d’un différend territorial ancien. Depuis le 12 décembre, au moins 41 personnes ont perdu la vie, selon les bilans officiels, dont 22 côté thaïlandais et 19 côté cambodgien. En juillet dernier déjà, un épisode similaire avait fait 43 morts en moins d’une semaine.

Ce contentieux frontalier, hérité du tracé des frontières à l’époque coloniale, reste une source régulière de tensions entre les deux royaumes d’Asie du Sud-Est, malgré plusieurs tentatives de médiation par le passé.

Une médiation régionale attendue en Malaisie

Face à l’escalade, les ministres des Affaires étrangères de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est doivent se réunir à Kuala Lumpur pour une réunion spéciale consacrée au conflit. Les deux pays disent espérer que ces discussions permettront d’apaiser les tensions et d’ouvrir la voie à une désescalade durable.

La Thaïlande insiste toutefois sur certaines conditions, demandant au Cambodge d’annoncer en premier un cessez-le-feu et de coopérer aux opérations de déminage. Bangkok souligne qu’une trêve dépendra avant tout de l’évaluation de la situation sur le terrain par son armée.

Pressions internationales pour un retour au calme

Sur le plan diplomatique, Phnom Penh réaffirme sa volonté de résoudre le conflit par des moyens pacifiques, le dialogue et la diplomatie. Le Premier ministre cambodgien Hun Manet a reçu l’envoyé spécial chinois Deng Xijun, venu appeler à une trêve entre les deux pays.

Les États-Unis, la Chine, l’Union européenne et les Nations unies ont tous exhorté à une cessation immédiate des hostilités. Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a exprimé l’espoir d’un rétablissement rapide du cessez-le-feu, tandis que le président américain Donald Trump avait déjà assuré, fin octobre, avoir facilité un accord qui n’a finalement pas tenu.

Alors que les combats continuent de faire des victimes et d’aggraver la situation humanitaire, la communauté internationale intensifie ses efforts pour éviter une nouvelle flambée de violence et favoriser un retour à la paix à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande.

Europe 24 avec AFP

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