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CAN 2025 : prison ferme pour 19 supporters après les violences de la finale Maroc–Sénégal

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La justice marocaine a rendu son verdict jeudi 19 février à Rabat, au terme du procès de 18 supporters sénégalais et d’un Français interpellés après les incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) entre le Maroc et le Sénégal. Tous ont été condamnés à des peines de prison ferme allant de trois mois à un an. La défense a annoncé son intention de faire appel.
CAN 2025 : prison ferme pour 19 supporters après les violences de la finale Maroc–Sénégal
Les joueurs sénégalais célèbrent leur victoire lors de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations de football CAN 2025

CAN 2025 : Les 19 prévenus ont comparu menottés, entrant dans une salle d’audience exiguë sous le regard d’un public dense, rapporte notre correspondant à Rabat, Matthias Raynal.

Des peines de trois mois à un an de prison à la CAN 2025

Poursuivis pour « hooliganisme » — une qualification englobant des violences contre les forces de l’ordre, des dégradations d’équipements sportifs, une intrusion sur la pelouse et des jets de projectiles — neuf accusés ont écopé d’un an de prison assorti d’une amende de 5 000 dirhams (environ 460 euros). Six autres ont été condamnés à six mois de prison et à 2 000 dirhams d’amende (180 euros), tandis que trois ont reçu trois mois de prison et 1 000 dirhams d’amende (90 euros).

Un Français d’origine algérienne, jugé pour avoir lancé une bouteille d’eau, a été condamné à trois mois de prison et à 1 000 dirhams d’amende. Son avocat, Jaouad Benaissi, s’est dit « triste et déçu » après l’énoncé du verdict, intervenu plus d’une demi-heure après la rupture du jeûne marquant le premier jour du ramadan au Maroc.

Selon le parquet, l’accusation repose principalement sur les images des caméras du stade Moulay Abdellah et sur les certificats médicaux des membres des forces de l’ordre et des stadiers blessés. Les dégâts matériels ont été évalués à plus de 370 000 euros.

Colère des prévenus et appel annoncé

À l’annonce de la décision, plusieurs supporters sénégalais ont protesté, refusant de se lever et de quitter la salle. Leur avocat, Me Patrick Kabou, inscrit au barreau du Gers, a dénoncé une décision « incompréhensible », estimant que ses clients servent de « boucs émissaires ». « Nous avons dix jours pour faire appel », a-t-il précisé.

Au cours de l’audience, les prévenus ont affirmé leur innocence tout en exprimant des regrets, insistant sur la fraternité entre les peuples marocain et sénégalais, selon leur avocate Naïma El Guellaf. « On demande pardon », a déclaré l’un d’eux. « Laissez-nous regagner notre pays », a lancé un autre.

La barrière de la langue a marqué les débats : plusieurs accusés, ne parlant que le wolof, ont été assistés par le vice-consul du Sénégal à Casablanca, qui a assuré la traduction.

La défense conteste la solidité des preuves et affirme qu’aucun flagrant délit n’a été établi. Me Kabou met également en cause les organisateurs ainsi qu’un stadier absent au procès, qu’il accuse d’avoir déclenché les violences en lançant une chaise vers les supporters sénégalais après le penalty manqué de Brahim Diaz.

Fin janvier, la Confédération africaine de football (CAF) avait déjà infligé de lourdes amendes aux deux fédérations pour comportements antisportifs et manquements au fair-play. Pour l’avocat de la partie civile, Mustapha Simou, représentant 14 membres des forces de l’ordre, ces sanctions disciplinaires ne dispensent pas les prévenus de leur responsabilité pénale.

Le Maroc a accueilli la 35e édition de la CAN du 21 décembre au 18 janvier et coorganisera la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal.

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