Une opération policière de deux semaines a bouleversé cette localité de plus d’un millier d’habitants. Barrages routiers, perquisitions, gaz lacrymogènes et encerclement du village bédouin ont marqué le quotidien des résidents. L’intervention a été endeuillée par la mort d’un homme de 36 ans, père de six enfants, abattu par la police dans des circonstances encore non élucidées. Des scènes que beaucoup comparent aux opérations menées en Cisjordanie, bien que les habitants soient des citoyens israéliens.
Une intervention vécue comme une punition collective
L’opération a débuté fin décembre par des arrestations liées à des affaires d’armes et de violences. Après des accusations d’incendies de véhicules dans une localité voisine, la police a encerclé le village bédouin. Même après la levée officielle des barrages, les habitants affirment que la pression sécuritaire se poursuit.
Dans les rues, les traces sont visibles : bâtiments dégradés, véhicules brûlés, école endommagée. « Les enfants sont traumatisés, certains ne retournent plus en classe », confie un habitant.
Désillusion politique et sentiment d’abandon
En novembre 2022, près de 60 % des électeurs du village avaient voté pour le Likoud. Aujourd’hui, ce soutien s’est transformé en amertume. Beaucoup dénoncent une réponse uniquement sécuritaire, sans solutions sociales durables.
Dans une communauté déjà confrontée aux discriminations, au chômage et au manque de reconnaissance institutionnelle, la répression est perçue comme un aveu d’échec politique. Associations locales et habitants plaident pour une autre approche : l’éducation, l’emploi et l’investissement public, plutôt que la seule logique policière.