Selon les termes d’un accord signé en mai 2025, le Royaume-Uni devait restituer l’archipel des Chagos à l’île Maurice, tout en conservant un bail de 99 ans sur l’île principale de Diego Garcia, qui abrite une base militaire américano-britannique stratégique. Toutefois, Londres a annoncé la suspension de ce projet.
Downing Street a indiqué samedi que cette décision s’explique par l’absence de « soutien » du président américain, estimant que l’accord ne pourra avancer qu’avec l’aval de Washington. Le gouvernement britannique, par la voix d’un porte-parole du Premier ministre Keir Starmer, a néanmoins réaffirmé sa position : cet accord demeure, selon lui, la meilleure option pour garantir la sécurité et la pérennité de la base de Diego Garcia. Les discussions se poursuivent entre le Royaume-Uni, la Maison-Blanche et Maurice.
Initialement approuvé par Donald Trump, le projet avait ensuite été critiqué par ce dernier, qualifié en janvier de « grande stupidité », alimentant les tensions diplomatiques entre Londres et Washington. Faute de temps parlementaire, le texte risquait par ailleurs de ne pas être adopté.
Diego Garcia, enjeu militaire et diplomatique au cœur des tensions au Royaume-Uni
La base de Diego Garcia est considérée comme un point stratégique majeur pour le Royaume-Uni et les États-Unis depuis la guerre froide. Elle a notamment joué un rôle clé lors des conflits du Golfe (1990-1991), de la guerre en Irak (2003-2011) et des opérations militaires en Afghanistan à partir de 2001.
À l’époque de la signature de l’accord, le Premier ministre Keir Starmer insistait sur l’absence d’alternative crédible, affirmant qu’il s’agissait du « seul moyen de maintenir la base à long terme ». De son côté, Maurice continue de défendre activement sa revendication de souveraineté sur l’archipel.
Le ministre mauricien des Affaires étrangères, Dhananjay Ramful, a ainsi assuré que son pays ne « ménagerait aucun effort » pour obtenir la restitution des Chagos, en mobilisant toutes les voies diplomatiques et juridiques possibles. Pour Port-Louis, il s’agit avant tout d’une « question de justice » et d’achever le processus de décolonisation dans cette région de l’océan Indien.