Alors que les Français ressentent de plus en plus les répercussions de la guerre en Iran sur leur quotidien — hausse des prix de l’essence et tensions sur l’approvisionnement — le gouvernement s’apprête à annoncer, en ce début de semaine, de nouvelles aides ciblées. L’exécutif fait face à une pression croissante des oppositions, à commencer par le Rassemblement national (RN).
Depuis plusieurs années, et plus encore depuis le début du conflit au Moyen-Orient, la question du pouvoir d’achat s’est imposée comme un thème central du débat politique. Le RN insiste sur une baisse de la TVA sur les carburants et réclame désormais un budget rectificatif, tandis que la gauche appelle à un renforcement des aides aux ménages. Pris en étau, le gouvernement dispose d’une marge de manœuvre limitée en raison du déficit public, et ses annonces progressives peinent à convaincre.
À ces difficultés s’ajoutent des erreurs de communication, notamment sur l’existence de surplus fiscaux, d’abord démentie puis reconnue, ou encore sur l’ampleur de la hausse des prix. Initialement présentée comme marginale, celle-ci s’avère bien plus marquée : depuis fin février, les prix de l’essence ont bondi de 17 % et ceux du gazole de 34 %. De quoi raviver les inquiétudes, voire la colère, dans un contexte rappelant la crise des « gilets jaunes », redoutée par l’exécutif.
Pénuries de carburant et tensions dans les stations-service
La situation sur le terrain confirme ces tensions. Près d’une station-service sur cinq est confrontée à une rupture de stock d’au moins un carburant après le week-end prolongé de Pâques, selon la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon. Environ 18 % des stations seraient concernées, en raison de difficultés logistiques et de transport.
Ces perturbations touchent particulièrement le réseau TotalEnergies, où l’afflux de clients s’est intensifié en raison du plafonnement des prix. Selon la ministre, 83 % des stations en difficulté appartiennent à ce réseau. Le groupe avait fixé un prix maximal de 1,99 euro le litre pour l’essence et de 2,09 euros pour le diesel dans ses 3 300 stations en métropole.
Dans les autres réseaux, la situation apparaît plus maîtrisée, avec environ 4 % de stations affectées par des ruptures. De son côté, le président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), Olivier Gantois, estimait qu’une station sur quatre était en difficulté mardi matin, évoquant principalement des retards de livraison liés au week-end pascal.