DéCRYPTAGE ENVIRONNEMENT

Donald Trump ordonne le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, dont un pilier de la lutte climatique

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Le président Donald Trump a franchi un nouveau cap dans sa politique étrangère. Mercredi 7 janvier, il a signé un décret ordonnant le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, dont près de la moitié sont liées au système des Nations unies. Parmi elles figure un texte central de la diplomatie climatique mondiale : la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC).
Donald Trump ordonne le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, dont un pilier de la lutte climatique
Donald Trump, président des États-Unis

Un coup dur pour la coopération climatique internationale

Conclue en 1992 lors du Sommet de la Terre de Rio, la CNUCC constitue le socle de tous les grands accords climatiques internationaux. C’est sous son égide qu’a notamment été négocié l’Accord de Paris en 2015. Donald Trump avait déjà quitté cet accord à deux reprises : une première fois durant son mandat initial, puis à nouveau dès son retour à la Maison Blanche il y a un an.

Jusqu’ici, même après son retrait de l’Accord de Paris, Washington restait partie prenante de la CNUCC, ce qui permettait aux États-Unis de participer aux grandes conférences annuelles sur le climat (COP). Ce nouveau retrait marque donc une rupture supplémentaire avec la gouvernance climatique mondiale.

Le Giec et plusieurs agences environnementales visés

Le décret présidentiel prévoit également la sortie des États-Unis du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), l’organe scientifique de référence sur le changement climatique. D’autres institutions dédiées à la protection de l’environnement sont aussi concernées, comme l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, l’Union internationale pour la conservation de la nature ou encore ONU-Eau.

Pour de nombreux observateurs, cette décision illustre une défiance assumée envers la science climatique. En septembre dernier, à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump avait qualifié le réchauffement climatique de « plus grande arnaque de notre histoire », tout en faisant l’éloge du charbon « propre et magnifique ».

Rachel Cleetus, de l’organisation Union of Concerned Scientists, dénonce une orientation dangereuse : selon elle, ce retrait est « un nouveau signe d’une administration déterminée à sacrifier le bien-être des populations et à affaiblir la coopération internationale ».

Santé, développement et ONU également dans le viseur

La politique de « l’Amérique d’abord » ne se limite pas au climat. Le décret ordonne aussi le retrait des États-Unis du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), spécialisé dans la santé maternelle et infantile. Washington avait déjà suspendu ses financements à cette agence il y a plusieurs mois.

Sont également concernées l’agence de l’ONU pour le commerce et le développement (CNUCED), ainsi que plusieurs programmes liés aux Objectifs de développement durable, notamment l’égalité femmes-hommes et la lutte contre la pauvreté.

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a par ailleurs acté la sortie des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’UNESCO, deux institutions que l’administration Biden avait réintégrées.

Une ONU affaiblie par les coupes budgétaires américaines

En parallèle, l’administration Trump a fortement réduit l’aide américaine à l’étranger. Ces coupes budgétaires ont contraint plusieurs agences onusiennes majeures, comme le Haut-Commissariat pour les réfugiés ou le Programme alimentaire mondial, à diminuer leurs opérations sur le terrain.

Le président républicain critique régulièrement l’ONU, qu’il juge « très loin de réaliser son potentiel ». Pour ses détracteurs, cette série de retraits risque surtout d’isoler davantage les États-Unis et de fragiliser les réponses collectives face aux grandes crises mondiales, du climat aux urgences humanitaires.

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