À quelques heures de l’ouverture du sommet de l’Otan à Ankara, en Turquie, Donald Trump a ravivé les tensions avec l’Espagne. Le président américain a une nouvelle fois reproché à Madrid de ne pas suffisamment participer aux dépenses militaires de l’Alliance, tout en critiquant son opposition à la stratégie menée par Washington au Moyen-Orient contre l’Iran.
Le chef de la Maison Blanche a qualifié l’Espagne de « cause perdue » et a évoqué la possibilité de suspendre les relations commerciales avec le pays. Il a affirmé avoir demandé à son secrétaire au Trésor, Scott Bessent, d’envisager l’arrêt des échanges commerciaux avec Madrid.
Une déclaration faite aux côtés du secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, qui a toutefois défendu la position espagnole en rappelant les efforts réalisés par le pays en matière de dépenses militaires. « Un grand pas » aurait notamment été franchi l’année dernière, selon le responsable de l’Alliance.
Après les menaces de Trump, Madrid assume sa position et reçoit le soutien de l’Union européenne
Les nouvelles critiques de Donald Trump interviennent dans un contexte de désaccord profond entre les deux pays sur le conflit au Moyen-Orient. L’Espagne s’est régulièrement opposée aux décisions américaines dans la région. En mars dernier, Madrid avait notamment interdit l’accès à son espace aérien aux avions américains impliqués dans les opérations militaires, tandis que le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez avait dénoncé une stratégie américaine qualifiée d’« extraordinaire erreur ».
Face aux menaces commerciales de Washington, le gouvernement espagnol assure rester serein. Madrid rappelle que ses relations économiques, sociales et culturelles avec les États-Unis demeurent « excellentes » et bénéfiques aux deux pays, notamment dans le domaine de la défense.
L’exécutif espagnol souligne également que l’Espagne appartient à l’Union européenne, un bloc commercial dont les intérêts ne peuvent être traités séparément. Une position soutenue par Bruxelles, qui a affirmé qu’elle défendrait « toujours » ses États membres et veillerait au respect des engagements pris dans l’accord commercial conclu avec les États-Unis.