Taty Almeida, l’une des figures emblématiques de la lutte pour les droits humains en Argentine au sein des Mères de la place de Mai, est décédée dimanche à l’âge de 95 ans. Elle avait consacré une grande partie de sa vie à rechercher la vérité sur le sort de son fils Alejandro, disparu sous la dictature militaire.
Dans un communiqué diffusé sur Instagram le 14 juin, l’organisation a annoncé sa disparition avec émotion : « C’est avec une profonde tristesse que nous devons vous faire part de cette triste nouvelle : notre chère Taty Almeida, présidente des Mères de la Place de Mai – Ligne fondatrice, nous a quittés aujourd’hui. » Le message rend également hommage à son engagement : « Merci de nous avoir appris qu’aimer, c’est résister. »
Taty Almeida : un engagement né de la douleur et devenu combat collectif
Hospitalisée depuis trois semaines à Buenos Aires, Taty Almeida — née Lidia Stella Mercedes Miy Uranga en 1930 — s’était engagée après la disparition de son fils Alejandro en juin 1975, étudiant en médecine et militant de gauche. Comme des milliers d’autres opposants, il figure parmi les victimes de la répression menée durant la dictature argentine (1976-1983).
Rejointe en 1979 par le mouvement des Mères de la place de Mai, elle s’est imposée comme une militante centrale du combat pour la mémoire et la justice, participant aux mobilisations, aux procès et aux commémorations. Toujours reconnaissable à son foulard blanc, elle incarnait une voix constante contre l’oubli.
Sa disparition a suscité de nombreuses réactions en Argentine. Estela de Carlotto a salué « une battante », tandis que Cristina Kirchner a rendu hommage à « une battante infatigable ». Jusqu’à ses derniers engagements publics, Taty Almeida avait continué de défendre la mémoire des disparus et de s’opposer aux politiques jugées hostiles à ce devoir de vérité et de justice.