Une délégation militaire américaine est arrivée à Beyrouth samedi 11 juillet afin d’engager des discussions avec le commandement de l’armée libanaise sur les modalités de mise en œuvre de la première zone pilote prévue par l’accord-cadre conclu entre le Liban et Israël.
Cet accord, signé le 26 juin à Washington, prévoit le retrait des forces des zones concernées afin de permettre le déploiement progressif de l’armée libanaise dans le sud du pays. L’initiative américaine intervient à quelques jours de la reprise des négociations directes entre Beyrouth et Tel-Aviv, prévues à Rome mercredi et jeudi prochains.
Le Liban conditionne sa participation à ce sixième cycle de discussions au retrait de deux zones pilotes situées dans le sud du territoire libanais.
Le plan actuellement examiné avec l’armée libanaise prévoit un retrait israélien de cinq localités situées au nord et au sud du fleuve Litani. Toutefois, deux de ces villages ne seraient pas occupés par l’armée israélienne, ce qui limiterait en pratique le retrait à trois localités.
Liban-Israël : des réserves au sein de l’armée libanaise et une contestation politique persistante
Le projet américain suscite néanmoins des réserves au sein de l’armée libanaise. Contrairement au président Joseph Aoun et au Premier ministre Nawaf Salam, favorables à la mise en place des zones pilotes au nord du Litani, certains responsables militaires craignent que ce dispositif ne provoque une confrontation directe avec les combattants du Hezbollah déployés face aux forces israéliennes.
L’armée libanaise exprime également des réticences concernant la coordination avec Israël sur la question du désarmement du Hezbollah, un sujet particulièrement sensible dans le contexte politique libanais.
L’accord-cadre reste par ailleurs contesté par une partie importante de la classe politique libanaise. Outre le Hezbollah, le président du Parlement Nabih Berri, le dirigeant druze Walid Joumblatt et le chef du Courant patriotique libre, Gébran Bassil, estiment que le texte ne fournit pas de garanties suffisantes concernant le retrait israélien complet du sud du Liban.