L’ancienne cheffe de la diplomatie américaine et ex-première dame Hillary Clinton a vivement répliqué, jeudi 26 février, lors de son audition devant une commission d’enquête parlementaire consacrée aux liens de son couple avec le financier déchu Jeffrey Epstein. Elle a appelé à l’audition du président Donald Trump, estimant que celui-ci devait s’expliquer sous serment sur ses propres relations avec le criminel sexuel.
Hillary Clinton renvoie la commission vers Donald Trump
À l’issue de son audition, Hillary Clinton a réaffirmé n’avoir « jamais rencontré » Jeffrey Epstein. Concernant son mari, l’ex-président Bill Clinton, dont la proximité passée avec le financier est documentée, elle s’est dite convaincue qu’il ignorait ses activités criminelles.
Dans une déclaration liminaire publiée sur X, elle a estimé que si la commission souhaitait « sérieusement connaître la vérité » sur les crimes d’exploitation sexuelle d’Epstein, elle devrait convoquer « notre président actuel » afin qu’il s’explique sur les nombreuses occurrences de son nom dans le dossier.
La commission de la Chambre des représentants, à majorité républicaine, s’est déplacée jusqu’à Chappaqua, dans l’État de New York, où résident les Clinton. Hillary Clinton a été entendue la veille de l’audition de son mari, prévue vendredi 27 février.
James Comer, président républicain de la commission, a indiqué en soirée que de « nombreuses questions » restaient en suspens pour Bill Clinton, soulignant que son épouse avait renvoyé « une douzaine » de fois certaines interrogations vers lui.
Devant la presse, l’ancienne secrétaire d’État a par ailleurs rappelé la ligne de défense de son mari : celui-ci aurait « mis fin » à sa relation avec Jeffrey Epstein « plusieurs années » avant la révélation publique de ses crimes. Elle a également affirmé que « la grande majorité » des personnes en contact avec le financier avant sa condamnation en 2008 ignoraient ses agissements.
De nouveaux documents susceptibles d’embarrasser le président
Les élus démocrates de la commission ont, de leur côté, mis en avant de nouveaux éléments susceptibles de fragiliser Donald Trump. Selon plusieurs médias, le ministère de la Justice aurait bloqué la publication de documents relatifs aux accusations d’une femme affirmant avoir été agressée sexuellement alors qu’elle était mineure par Jeffrey Epstein et Donald Trump.
Le représentant démocrate de Californie Robert Garcia a dénoncé des « accusations très graves de violence sexuelle » visant le président et exigé sa convocation immédiate devant la commission.
Peu après son ouverture, l’audition a été brièvement suspendue lorsqu’une élue républicaine a diffusé une photographie d’Hillary Clinton, en violation des règles de confidentialité. Si la séance s’est tenue à huis clos, son enregistrement devrait être rendu public, probablement à l’issue de l’audition de Bill Clinton.