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Colombie : Timochenko met en garde contre la montée des discours de haine après l’élection de De la Espriella

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En Colombie, l’ex-chef des Farc Rodrigo Londoño alerte sur les risques de violence liés aux discours hostiles du président élu Abelardo de la Espriella et défend l’accord de paix de 2016.
Colombie : Timochenko met en garde contre la montée des discours de haine après l’élection de De la Espriella
Le chef rebelle des FARC, Rodrigo Londono Echeverri (au centre), mieux connu sous son nom de guerre « Timochenko ».

L’ancien commandant des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), Rodrigo Londoño, alias Timochenko, a exprimé mardi ses inquiétudes face à la montée des « messages de haine » susceptibles, selon lui, d’alimenter la violence dans le pays. Dans un entretien accordé à l’AFP, il a réagi aux déclarations du président élu Abelardo de la Espriella, qui a promis de l’emprisonner et de remettre en cause certains piliers de l’accord de paix signé en 2016 entre l’ex-guérilla et l’État colombien.

Timochenko a indiqué que plusieurs anciens dirigeants des Farc, aujourd’hui dissoutes, avaient adressé une lettre au futur chef de l’État pour reconnaître sa victoire électorale et demander l’ouverture d’un dialogue afin de « respecter » et « honorer » l’accord de paix dont ils sont signataires.

Avocat issu de la droite radicale et nouveau venu en politique, Abelardo de la Espriella défend une ligne sécuritaire dure face aux groupes armés. Il a qualifié Timochenko de « criminel de guerre » qui « mérite la prison à vie », tout en promettant des opérations militaires contre les organisations liées au narcotrafic. Il souhaite également mettre fin aux discussions engagées par le président sortant Gustavo Petro avec les dissidences des anciennes Farc encore actives.

En Colombie, dix ans après l’accord de paix, les anciens guérilleros dénoncent la stigmatisation

À l’occasion du dixième anniversaire de l’accord de paix, Rodrigo Londoño a dénoncé la persistance des attaques verbales visant les anciens combattants. « Il y a des gens qui, avec une parole privilégiée, diffusent ces messages et c’est extrêmement dangereux », a-t-il déclaré, appelant à réduire « le volume de ces messages de haine ».

Signé en 2016, l’accord avait conduit près de 13 000 membres des Farc à déposer les armes dans l’espoir d’une réintégration sociale et politique. Mais le processus reste fragile : selon la Mission de vérification des Nations unies, 492 anciens signataires de l’accord ont été assassinés depuis sa mise en œuvre.

Dans leur lettre adressée à Abelardo de la Espriella, Timochenko et six autres figures historiques des Farc, dont Pastor Alape, Pablo Catatumbo et Julian Gallo, ont réaffirmé leur « engagement inébranlable » en faveur de la paix. Ils ont appelé l’État colombien à respecter ses engagements avec la même détermination.

Alors que les groupes armés illégaux ont renforcé leur influence ces quatre dernières années selon plusieurs experts, l’arrivée au pouvoir d’Abelardo de la Espriella, prévue le 7 août, pourrait ouvrir une nouvelle phase de tensions autour de la politique de sécurité et de l’avenir de l’accord de paix.

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