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Union africaine : l’Algérie prend les commandes du Conseil de paix et de sécurité avec un agenda ambitieux

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À partir du 1er août 2026, l’Algérie préside le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine avec un programme axé sur le Sahel, le terrorisme et l’énergie.
Union africaine : l'Algérie prend les commandes du Conseil de paix et de sécurité avec un agenda ambitieux
Le logo de l’Union Africaine. © Evan Vucci/AP/SIPA

L’Algérie entame, le 1er août 2026, un nouveau mandat à la tête du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine. Pendant un mois, Alger pilotera les priorités de cette instance stratégique dans un contexte marqué par les crises sécuritaires au Sahel et au Soudan, tout en poursuivant son offensive diplomatique sur le terrain énergétique.

Un mois pour orienter les priorités du Conseil de paix et de sécurité

Membre élu du Conseil de paix et de sécurité depuis avril 2025 pour un mandat qui court jusqu’en 2028, l’Algérie retrouve la présidence tournante qu’elle avait déjà assurée en août 2025.

Si cette responsabilité ne confère pas de pouvoir décisionnel supplémentaire, elle permet néanmoins de fixer l’ordre du jour, de planifier les consultations et de mettre en avant les dossiers jugés prioritaires. Le CPS, composé de quinze États membres, intervient dans la prévention des conflits, le soutien aux opérations de paix, les missions d’évaluation et le suivi des crises sur le continent.

Le programme du mois d’août débutera par une réunion consacrée à l’éducation dans les zones de conflit. Les discussions porteront ensuite sur la situation au Sahel ainsi qu’au Soudan du Sud. Une mission de terrain est également prévue au Soudan, où le conflit continue de résister aux différentes tentatives de médiation.

Plusieurs consultations institutionnelles réuniront le Parlement panafricain, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que les structures africaines chargées de la gouvernance, de la paix et de la sécurité. Les membres du Conseil examineront aussi les progrès de l’initiative « Faire taire les armes en Afrique », intégrée à l’Agenda 2063 et désormais prolongée jusqu’en 2030.

Par ailleurs, le briefing trimestriel du groupe A3, qui rassemble les représentants africains au Conseil de sécurité des Nations unies, figure également au calendrier afin de poursuivre la mise en œuvre des conclusions du processus d’Oran.

Lutte contre le terrorisme et coopération énergétique au cœur de la stratégie d’Alger

La lutte contre le terrorisme constitue l’un des axes majeurs de cette présidence. En qualité de Champion de l’Union africaine pour la prévention et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, le président Abdelmadjid Tebboune défend le Plan d’action stratégique 2026-2030.

Ce document considère les groupes armés comme des réseaux transnationaux nécessitant une coopération renforcée entre les États africains. Durant la présidence algérienne, le Conseil réexaminera notamment le mandat de son sous-comité spécialisé dans la lutte contre le terrorisme.

Alger souhaite également accélérer la mise en place d’un dispositif continental d’évaluation des menaces et de cartographie des risques. Une réunion de coordination réunissant Afripol, le Centre de l’Union africaine de lutte contre le terrorisme (AUCTC), le Comité des services de renseignement et de sécurité africains (CISSA) ainsi que le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs est prévue au cours du mois.

En parallèle, la diplomatie algérienne poursuit son développement économique à travers Sonatrach. Les discussions engagées avec le Sénégal visent à renforcer la coopération avec Petrosen dans les domaines de l’exploration, du développement des gisements, du raffinage et de la pétrochimie.

Cette coopération s’accompagne d’un volet consacré à la formation. Depuis février 2026, un partenariat unit l’Institut algérien du pétrole et l’Institut national du pétrole et du gaz du Sénégal afin de former les équipes de Petrosen.

Le Tchad représente un autre pilier de cette stratégie. Sonatrach y a lancé sa première livraison de GPL, composée de butane, dans le cadre d’un accord conclu avec Gazcom. En parallèle, l’Algérie accompagne la réalisation d’une centrale électrique de 40 mégawatts à N’Djamena, destinée à améliorer l’accès à l’électricité dans un pays où moins de 12 % de la population en bénéficiait encore en 2024, selon la Banque mondiale.

Le Sahel, principal défi de la présidence algérienne

Au-delà des annonces, la situation au Sahel constituera le véritable test diplomatique d’Alger.

Les relations entre l’Algérie et le Mali ont commencé à se normaliser après plus d’une année de tensions provoquées par la destruction d’un drone malien en avril 2025. Le retour des ambassadeurs et la réouverture des espaces aériens, officialisés en juillet 2026, marquent une reprise du dialogue entre les deux pays.

Cette détente reste toutefois à confirmer sur le plan politique. Les débats du Conseil de paix et de sécurité sur le Sahel permettront de mesurer la capacité de l’Algérie à jouer un rôle de médiateur dans la région, alors que l’accord de paix d’Alger signé en 2015 a été dénoncé par Bamako en janvier 2024.

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