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Sénégal : une proposition de loi relance le débat sur la transhumance des maires

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Au Sénégal, une proposition de loi visant à empêcher les maires de changer de parti en cours de mandat ravive le débat sur la transhumance politique.
Sénégal : une proposition de loi relance le débat sur la transhumance des maires
Ousmane Sonko, PAN du Sénégal

La question de la transhumance politique revient au premier plan au Sénégal. Après une série de ralliements au nouveau parti présidentiel « Kiiraay », une initiative parlementaire entend encadrer les changements d’appartenance politique des maires durant leur mandat. Le projet suscite déjà des réactions opposées au sein de la classe politique.

Un projet de loi pour limiter les changements de camp des maires

Le député Pastef Amadou Ba souhaite faire évoluer la législation afin d’empêcher les élus locaux de quitter leur formation politique pendant leur mandat. Son initiative intervient après l’annonce du ralliement de plus de 300 maires à « Kiiraay », le nouveau parti lié au président Bassirou Diomaye Faye.

L’élu propose de s’appuyer sur le dispositif déjà en vigueur pour les députés. Actuellement, un parlementaire qui démissionne de son parti perd automatiquement son mandat. Amadou Ba souhaite appliquer un mécanisme similaire aux maires, en prenant notamment exemple sur des pratiques mises en œuvre au Bénin.

Selon lui, cette mesure permettrait de renforcer la confiance entre les électeurs et leurs représentants. Il estime que les changements d’affiliation politique en cours de mandat fragilisent la crédibilité des élus locaux.

Au Sénégal, « Kiiraay » rejette une réforme jugée contraire au choix des électeurs

Les responsables de « Kiiraay » contestent cette proposition. À leurs yeux, un maire est avant tout investi par les citoyens et non par un parti politique. Ils considèrent qu’un élu local ne devrait pouvoir être sanctionné que lors d’un nouveau scrutin.

Ameth Dieng, membre de « Kiiraay », critique également l’initiative portée par le député du Pastef. Il estime que l’Assemblée nationale ne doit pas servir à adopter des lois répondant à des intérêts politiques immédiats. D’après lui, cette proposition pourrait même renforcer la détermination des maires ayant rejoint le nouveau parti.

Une controverse qui dépasse le Pastef

Le débat autour de la transhumance politique ne concerne pas uniquement le Pastef et « Kiiraay ». Cette question traverse régulièrement la vie politique sénégalaise.

L’Alliance pour la République (APR), le parti de l’ancien président Macky Sall, a également été confrontée récemment au départ de quatorze maires vers la coalition présidentielle. Ces mouvements d’élus alimentent les discussions sur la nécessité, ou non, de mieux encadrer les changements d’appartenance politique en cours de mandat.

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