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RDC : Félix Tshisekedi relance le combat pour la reconnaissance du Génocost

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En RDC, Félix Tshisekedi réaffirme son engagement pour la reconnaissance du Génocost et annonce de nouvelles mesures mémorielles, tandis que Denis Mukwege met en garde contre une révision constitutionnelle.
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Félix Tshisekedi, président de la RDC

La République démocratique du Congo (RDC) poursuit ses efforts pour faire reconnaître les crimes commis dans l’est du pays au cours des trois dernières décennies. À Kinshasa, la commémoration du Génocost a été marquée par un hommage aux victimes, mais aussi par de nouvelles annonces politiques et des prises de position qui illustrent les tensions autour de cette question.

En RDC, un hommage aux victimes et un appel à la justice

À l’occasion de la journée dédiée au Génocost, le président Félix Tshisekedi a présidé la cérémonie officielle organisée au Mémorial du Génocost, à Kinshasa. Face aux survivants et aux familles des victimes, il a renouvelé son soutien aux personnes touchées par les conflits dans l’est de la RDC.

Le chef de l’État a une nouvelle fois accusé le Rwanda ainsi que l’AFC/M23 d’être responsables de l’agression contre le pays. Il a également assuré que les autorités poursuivraient leurs efforts pour garantir la vérité, la justice, les réparations et la sécurité des victimes.

L’émotion était vive lors de la cérémonie. Parmi les témoignages, une survivante de violences sexuelles, devenue orpheline pendant le conflit, a évoqué la mort de son mari, tué par un obus lors de la prise de Goma par l’AFC/M23 au début de l’année 2025. Elle a réclamé que les responsables rendent des comptes pour les crimes commis.

Kinshasa veut renforcer sa politique de mémoire

Le gouvernement entend désormais structurer davantage sa politique de mémoire autour du Génocost. Parmi les principales mesures annoncées figure la création d’un musée national consacré à cette période de l’histoire.

Cette future institution aura pour mission de conserver les archives, les témoignages, les preuves matérielles ainsi que les travaux scientifiques liés aux violences. En parallèle, le Parlement est appelé à adopter de nouvelles dispositions pour consolider la justice transitionnelle, protéger le patrimoine mémoriel et lutter contre toute tentative de falsification de l’histoire.

Les autorités congolaises souhaitent également poursuivre leur action diplomatique afin d’obtenir une reconnaissance internationale des crimes commis sur le territoire congolais.

Denis Mukwege critique les orientations du pouvoir

Si le président met en avant son engagement pour rompre avec les cycles de violences, le prix Nobel de la paix Denis Mukwege porte un regard beaucoup plus critique sur l’action des autorités.

Le médecin reproche au pouvoir d’envisager une modification de la Constitution qui permettrait, selon lui, de prolonger un mandat présidentiel prévu jusqu’en 2028. Il considère cette perspective comme une « démarche dangereuse », estimant qu’elle pourrait accentuer les tensions politiques, fragiliser davantage le pays et provoquer de nouveaux affrontements.

Une mémoire au cœur des enjeux nationaux

La commémoration du Génocost confirme la volonté des autorités congolaises de faire avancer la reconnaissance des crimes perpétrés dans l’est de la RDC. Toutefois, les divergences entre le pouvoir et certaines figures nationales, comme Denis Mukwege, montrent que les débats sur la gouvernance et la stabilité politique restent étroitement liés aux questions de mémoire, de justice et de réconciliation.

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