L’armée malienne a repris le contrôle de la ville d’Anéfis, dans le nord du pays, après plusieurs jours de violents affrontements avec les indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA), ont annoncé vendredi des sources militaires et rebelles. Cette reprise intervient après une offensive coordonnée menée samedi dernier par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et le FLA, qui avaient revendiqué la prise de cette localité stratégique.
Selon une source militaire citée par l’AFP, des soldats maliens et des paramilitaires russes de l’Africa Corps, retranchés depuis plusieurs jours dans un camp militaire d’Anéfis, ont résisté aux assauts avant de recevoir des renforts. Un important convoi parti de Gao, composé de dizaines de véhicules et soutenu par des moyens aériens, a réussi à atteindre la ville malgré les attaques de la coalition FLA-JNIM sur l’axe routier.
« Les troupes maliennes et leurs partenaires d’Africa Corps ont brisé les obstacles et sont venus en renfort à nos troupes qui étaient sur place », a déclaré une source militaire malienne à l’AFP.
Au Mali, le FLA revendique un retrait stratégique et dénonce l’implication russe
De son côté, le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a confirmé le retrait des combattants indépendantistes d’Anéfis, expliquant cette décision par la volonté d’éviter des pertes civiles. Il affirme toutefois que les forces opposées aux rebelles étaient principalement composées de combattants russes.
« Nous avons décidé de quitter Anéfis par stratégie et pour éviter des pertes civiles », a-t-il déclaré, estimant que « 95 % des adversaires étaient les Russes », tandis que les autres forces étaient constituées de milices du nord et de l’armée malienne. Le responsable du FLA affirme également qu’un colonel de l’armée malienne aurait été tué lors des affrontements.
Cette bataille intervient dans un contexte de forte dégradation sécuritaire au Mali. Le pays est confronté depuis 2012 à une multiplication des attaques jihadistes, notamment de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi qu’aux tensions persistantes avec des mouvements indépendantistes touareg.
Après une offensive menée fin avril par le FLA et le JNIM, les rebelles avaient repris le contrôle de Kidal, autre ville stratégique du nord, infligeant un revers majeur aux autorités de Bamako. Depuis les coups d’État militaires de 2020 et 2021, la junte au pouvoir affirme vouloir restaurer la sécurité et préserver l’intégrité territoriale du pays, dans un contexte marqué également par une profonde crise économique.