« J’appelle solennellement toutes les filles et tous les fils de notre nation, d’ici et de la diaspora, à se rassembler pour bâtir ensemble une Guinée nouvelle », a déclaré Mamadi Doumbouya. Il a insisté sur sa volonté de voir émerger « une Guinée de paix, de justice et de prospérité partagée, et de souveraineté politique et économique pleinement assumée ».
Une victoire largement proclamée
Quelques heures plus tôt, la Cour suprême avait officialisé sa victoire dès le premier tour, avec 86,72 % des suffrages. Un score sans surprise, qui confirme les résultats provisoires annoncés en début de semaine. Dans son discours, le président élu a salué ce qu’il présente comme un processus électoral réussi : « Nous avons démontré au monde que la Guinée sait choisir son destin dans la paix et le respect des institutions ».
Il a également tenu à remercier l’ensemble des acteurs impliqués dans le scrutin, affirmant qu’« il n’y a ni vainqueur ni vaincu, il n’y a qu’une seule Guinée, unie et indivisible ». Promettant de « tendre la main à toutes les filles et fils de Guinée », Mamadi Doumbouya dit vouloir gouverner dans un esprit de rassemblement.
Une élection très critiquée
Cette présidentielle s’est déroulée dans un climat politique tendu. Plusieurs figures majeures de l’opposition, toutes en exil, n’ont pas été autorisées à se présenter. Parmi elles, l’ancien président Alpha Condé, renversé par les militaires en septembre 2021, ainsi que les ex-Premiers ministres Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo.
L’opposition avait appelé au boycott d’un scrutin qualifié de « simulacre d’élection ». Mamadi Doumbouya, qui n’a quasiment pas fait campagne sur le terrain, faisait face à huit adversaires peu connus du grand public.
Du putsch à la présidence
Arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’État en 2021, Mamadi Doumbouya avait initialement promis une transition devant mener à un retour rapide des civils au pouvoir. Quatre ans plus tard, cette élection est censée marquer la fin de la transition et le retour à l’ordre constitutionnel, même si ses détracteurs dénoncent un pouvoir désormais sans partage.
Âgé de 41 ans, le chef de l’État a soigné son image durant cette période, apparaissant en tenue civile lors de ses rares sorties publiques, tout en restant entouré des hommes du Groupement des forces spéciales, l’unité avec laquelle il avait pris le contrôle du palais présidentiel.
Réactions internationales et inquiétudes internes
À l’international, les États-Unis ont rapidement félicité le président élu. Washington s’est dit prêt à renforcer ses relations avec la Guinée et à travailler pour la stabilité et la prospérité économique des deux pays.
Sur le plan intérieur, les critiques persistent. Depuis 2021, les libertés publiques se sont fortement réduites : manifestations interdites, partis politiques suspendus, arrestations d’opposants et d’acteurs de la société civile. Dans son message du Nouvel An, Cellou Dalein Diallo a estimé que « le moment est grave », parlant non pas d’un retour à la démocratie, mais d’« une plongée dans les ténèbres ».
Malgré ces tensions, Mamadi Doumbouya affirme vouloir incarner une nouvelle ère pour la Guinée, fondée sur la stabilité, l’unité nationale et la souveraineté. Un discours ambitieux, accueilli avec prudence par une partie de la population.
Avec Affairage.ci