En Guinée, la lutte contre la fraude aux examens nationaux a conduit à l’arrestation de plusieurs dizaines de jeunes candidats et de membres du personnel éducatif. Les faits ont notamment été signalés dans les préfectures de Kindia et de Forécariah, en Basse-Guinée, ainsi qu’à Nzérékoré, dans le sud-est du pays.
Face à la multiplication des cas de fraude, le ministère de l’Éducation nationale avait annoncé une politique de « tolérance zéro ». Les autorités ont ainsi engagé des poursuites judiciaires contre les personnes impliquées dans ces pratiques.
À Kindia, sept candidats au baccalauréat, dont trois filles, ont été condamnés par le tribunal de première instance à un mois de prison ferme pour fraude aux examens. Ils ont été transférés à la prison civile de la ville.
À Forécariah, un candidat reconnu coupable de substitution de personne a écopé de cinq mois d’emprisonnement ferme. Par ailleurs, une dizaine d’enseignants et neuf autres prévenus ont été condamnés à un an de prison ferme, assorti de diverses amendes.
Les candidats sanctionnés sont également exclus de la prochaine session des examens prévue en 2026. Selon une source au ministère de l’Éducation nationale, d’autres dossiers pourraient encore s’ajouter à cette liste.
En Guinée, un syndicat dénonce une fraude organisée au sein du système éducatif
Pour Michel Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat national de l’éducation, ces affaires révèlent un problème plus profond dans l’organisation de la surveillance des examens. Il dénonce notamment des pratiques qui favoriseraient le détournement du dispositif de contrôle.
« On laisse les enseignants habilités à assurer la surveillance des examens être remplacés par des étudiants, des proches ou des membres de leur famille, non pas pour garantir une bonne surveillance, mais pour bénéficier de la prime prévue à cet effet », affirme-t-il.
Le responsable syndical estime que la session de cette année est marquée par une « fraude systémique », impliquant parfois ceux qui sont censés empêcher les irrégularités. « Cette fraude est commise par ceux qui sont chargés de la combattre, notamment les autorités éducatives à différents niveaux », accuse-t-il.
D’autres interpellations liées à des soupçons de fraude ont également été enregistrées dans plusieurs préfectures du pays. Ces affaires n’ont toutefois pas encore toutes abouti à des procédures judiciaires.