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Frontière Niger-Bénin : pourquoi la réouverture se fait toujours attendre malgré l’apaisement diplomatique

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Trois ans après sa fermeture, la frontière entre le Niger et le Bénin reste close côté nigérien. Une situation qui continue de peser sur l'économie.
Frontière Niger-Bénin : pourquoi la réouverture se fait toujours attendre malgré l'apaisement diplomatique
Des camions garés au bord de la route près de la ville frontalière de Malanville, au Bénin, le 16 août 2023 © DIDIER ASSOGBA/EPA/MAXPPP

La frontière terrestre entre le Niger et le Bénin demeure fermée du côté nigérien, près de trois ans après le coup d’État militaire intervenu à Niamey. Malgré une amélioration des relations entre les deux pays, aucune échéance n’a été annoncée pour un retour à la normale. Les autorités nigériennes estiment que plusieurs conditions doivent encore être réunies avant une réouverture.

Une frontière toujours fermée malgré le rapprochement entre les deux pays

Lors d’un entretien accordé à la télévision d’État nigérienne le 25 juillet, le général Abdourahamane Tiani a confirmé que la frontière terrestre resterait fermée pour le moment. Le président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) n’a avancé aucune date de réouverture.

Selon lui, certaines étapes doivent d’abord être franchies afin de tourner la page des tensions qui ont suivi le changement de pouvoir à Niamey. Si les échanges diplomatiques se sont progressivement améliorés, les autorités jugent que le contexte n’est pas encore favorable à une reprise complète du trafic terrestre.

Une économie affectée par les difficultés d’approvisionnement

La fermeture continue d’avoir des conséquences sur l’activité économique du Niger. Si les exportations de pétrole se poursuivent grâce au pipeline reliant le Niger au Bénin, la route entre Gaya et Malanville reste inaccessible, privant notamment l’État de recettes douanières.

Pour l’économiste Ibrahim Adamou Louché, auteur de Le Niger : à quand le déclic ?, cette situation complique l’approvisionnement en produits essentiels comme le riz, les médicaments et plusieurs intrants destinés aux entreprises. L’allongement des délais favorise les pénuries, ralentit la production dans certains secteurs et entraîne des périodes de chômage partiel. Ces difficultés finissent également par peser sur la consommation des ménages.

Les professionnels du transport gardent espoir

Du côté des transporteurs, l’attente se prolonge mais l’optimisme reste présent. Gamatié Mahamadou, secrétaire général de l’Union des travailleurs du transport et assimilés du Niger, rappelle que le port de Cotonou constitue une plateforme stratégique pour le commerce nigérien.

Même en l’absence d’un calendrier officiel, il estime que le dialogue engagé entre les deux États représente un signal encourageant. Selon lui, la poursuite des discussions pourrait ouvrir la voie à une réouverture de la frontière.

Le Fonds monétaire international (FMI) a, de son côté, souligné cette semaine la résilience de l’économie nigérienne. L’institution prévoit une croissance d’environ 7 % cette année, tout en mettant en garde contre plusieurs facteurs de risque. Parmi eux figurent la dégradation de la situation sécuritaire, la volatilité des prix des matières premières et le maintien de la fermeture de la frontière avec le Bénin.

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