C’est un changement important pour l’une des destinations touristiques les plus fréquentées d’Asie. À compter du lundi 15 septembre, les voyageurs bénéficiant du régime thaïlandais d’exemption de visa ne pourront plus séjourner jusqu’à 60 jours dans le pays sans visa. La durée autorisée sera désormais limitée à 30 jours.
La mesure concerne 60 pays et territoires. La France, mais aussi plusieurs autres États de l’Union européenne, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada, l’Australie, l’Inde, le Japon ou encore l’Afrique du Sud figurent parmi les pays concernés.
Le dispositif de 60 jours avait été introduit en juillet 2024 dans le cadre d’une politique destinée à faciliter les voyages et à soutenir le secteur touristique. Deux ans plus tard, les autorités thaïlandaises font marche arrière.
Bangkok veut limiter les détournements du régime touristique
Derrière cette décision se trouve notamment une préoccupation sécuritaire. Lorsque le projet avait été annoncé, le gouvernement avait expliqué vouloir lutter contre les activités criminelles associées à certains séjours prolongés effectués sous couvert d’exemption touristique. Reuters rapportait en mai que les autorités souhaitaient ainsi réduire les possibilités d’utilisation abusive du dispositif.
Le gouvernement thaïlandais évoque plus largement des considérations économiques et sécuritaires ainsi que la nécessité d’empêcher le détournement des privilèges accordés aux voyageurs étrangers.
Le durcissement intervient alors que la question du comportement de certains visiteurs étrangers fait régulièrement débat dans le royaume. Le 10 septembre, plusieurs centaines de personnes ont notamment manifesté devant l’ambassade d’Israël à Bangkok pour réclamer un meilleur respect des lois et des coutumes thaïlandaises par les visiteurs étrangers, après plusieurs incidents impliquant des touristes.
Les autorités cherchent toutefois un équilibre délicat : renforcer les contrôles sans décourager les visiteurs internationaux, dont les dépenses constituent une ressource majeure pour l’économie du pays.
Les touristes français directement concernés
Pour les voyageurs français, la nouvelle réglementation signifie qu’un séjour touristique sans visa sera désormais limité à 30 jours à partir du 15 septembre.
Les voyageurs entrés en Thaïlande avant cette date conserveront en principe la durée de séjour qui leur avait été accordée au moment de leur arrivée. Ceux qui souhaitent rester plus longtemps devront se tourner vers les procédures de prolongation prévues par les services d’immigration ou demander un visa adapté à leur situation.
Les nouvelles règles encadrent également davantage les entrées répétées. Des représentations diplomatiques thaïlandaises précisent que les voyageurs bénéficiant de l’exemption sont limités à deux entrées par année civile dans le cadre du nouveau dispositif et recommandent aux personnes souhaitant effectuer davantage de séjours ou voyager pour d’autres motifs de demander un visa approprié.
Le tourisme face à un équilibre délicat
La décision illustre le dilemme auquel Bangkok est confronté. D’un côté, la Thaïlande cherche depuis plusieurs années à faciliter l’arrivée des visiteurs étrangers et à préserver la compétitivité de son industrie touristique. De l’autre, les autorités veulent éviter que des dispositifs conçus pour les vacanciers servent à contourner les règles d’immigration ou à prolonger artificiellement des séjours.
La réduction de 60 à 30 jours marque donc un changement de cap après l’assouplissement décidé en 2024. Pour la majorité des vacanciers effectuant des séjours courts, l’impact devrait rester limité. Les voyageurs de longue durée, en revanche, devront davantage anticiper leurs démarches administratives.
À partir du 15 septembre, la Thaïlande restera largement accessible aux touristes internationaux, mais avec un message plus ferme de Bangkok : l’exemption de visa doit rester un dispositif destiné aux séjours touristiques temporaires, et non un moyen de s’installer durablement dans le royaume.