Le Brésil a lancé une vaste opération de police afin d’empêcher de possibles violences visant les principales institutions de l’État. Huit hommes, soupçonnés d’avoir préparé des actions à Brasilia à l’approche de l’élection présidentielle, sont désormais au cœur d’une enquête.
Des échanges sur Telegram au centre de l’enquête
Les investigations ont conduit les autorités à intervenir mardi contre huit hommes âgés de 19 à 31 ans. Selon les enquêteurs, ils participaient à deux groupes publics sur Telegram où étaient évoqués des projets d’attaques contre le palais présidentiel, le Parlement, la Cour suprême et plusieurs ministères durant la période électorale.
Le secrétaire aux Droits numériques, Victor Fernandes, a expliqué que cette opération visait avant tout à prévenir d’éventuels « graves actes violents ». Les policiers ont saisi des téléphones portables et des ordinateurs lors des perquisitions. En revanche, aucune arme ni aucun explosif n’ont été découverts et aucun des suspects n’a été placé en garde à vue.
Les personnes visées résident dans cinq États différents du Brésil. Elles ne se connaissent pas personnellement et ne possèdent pas d’antécédents judiciaires. Parmi elles figure un séminariste vivant dans un monastère de l’État du Pernambouc.
Des discussions autour d’engins explosifs et de cibles potentielles
D’après un communiqué de la police civile, les échanges portaient notamment sur des manuels de fabrication d’explosifs, l’identification de cibles, des scénarios d’intrusion dans des bâtiments publics, des formations tactiques ainsi que des stratégies de recrutement régional.
L’enquête se poursuit afin d’évaluer le niveau réel d’organisation du groupe et l’avancement de ses projets. À ce stade, les faits sont examinés sous les qualifications d’association de malfaiteurs et d’apologie de crime. Les autorités précisent toutefois que la piste terroriste n’est pas retenue pour le moment.
En parallèle, les services compétents ont demandé à l’Agence nationale de protection des données d’examiner le rôle de Telegram afin de déterminer si la plateforme a respecté ses obligations en matière de lutte contre la diffusion massive de contenus illicites.
Un contexte politique particulièrement sensible au Brésil
Cette affaire intervient quelques mois après l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi, adoptée en avril, qui renforce les responsabilités des plateformes numériques concernant les contenus publiés par leurs utilisateurs.
Selon Maurilio Coelho, chef du renseignement de la police civile de Brasilia, les suspects visaient le système politique dans son ensemble, sans distinction entre les courants de gauche et de droite et sans cibler de personnalité précise.
Le contexte électoral demeure particulièrement tendu. Le président Luiz Inacio Lula da Silva se prépare à briguer un quatrième mandat lors du scrutin d’octobre. Face à lui se présentera Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro.
Cette opération rappelle également les événements du 8 janvier 2023, lorsque des partisans de Jair Bolsonaro avaient envahi et vandalisé les sièges des principales institutions à Brasilia, quelques jours après l’investiture de Lula. La justice brésilienne considère ces violences comme un élément du projet de coup d’État ayant conduit à la condamnation de l’ancien chef de l’État à 27 ans de prison.