Les centres d’arnaques en ligne installés en Asie du Sud-Est sont désormais dans le collimateur de l’Union européenne. Bruxelles a annoncé, jeudi 31 juillet 2026, une série de sanctions contre plusieurs responsables et organisations accusés d’alimenter un vaste système de cyberfraude reposant sur le travail forcé.
L’Union européenne cible les réseaux derrière les scam centers
L’UE a adopté des mesures restrictives contre sept personnes et trois entités soupçonnées d’avoir organisé ou facilité l’exploitation de centres d’arnaques en ligne. Ces structures, souvent appelées scam centers, sont accusées de contraindre des milliers de personnes à participer à des escroqueries numériques.
Parmi les principales cibles figure Prince Holding Group, un important conglomérat cambodgien. Son fondateur, Chen Zhi, est également visé par ces sanctions européennes.
Déjà arrêté au début de l’année 2026, Chen Zhi avait été extradé du Cambodge vers la Chine. Son arrestation, largement relayée par les médias chinois, l’avait montré menotté et escorté par des militaires à son arrivée sur le territoire chinois.
Des milliards de dollars détournés grâce à des escroqueries en ligne
Selon les autorités européennes, plusieurs immeubles, hôtels et casinos liés à Prince Holding Group auraient servi à dissimuler des centres d’arnaques installés au Cambodge et en Birmanie, notamment via des sociétés écrans.
Ces plateformes reposeraient sur l’exploitation de travailleurs recrutés sous de faux prétextes ou victimes de traite des êtres humains. Une fois sur place, beaucoup seraient retenus contre leur volonté et forcés à monter des escroqueries en ligne.
Les victimes de ces fraudes se trouvent dans plusieurs pays, notamment en Chine et aux États-Unis. Les fraudeurs utilisent de fausses opportunités d’investissement ou des arnaques sentimentales pour soutirer chaque année des milliards de dollars.
Bruxelles étend ses sanctions à un groupe armé birman
Les nouvelles mesures européennes prévoient le gel des avoirs de Prince Holding Group et l’interdiction d’entrée sur le territoire de l’Union européenne pour Chen Zhi.
Bruxelles souligne également que les centres d’escroquerie associés au milliardaire continueraient de fonctionner malgré son arrestation en janvier 2026.
L’Union européenne sanctionne aussi l’Armée bouddhiste démocratique karen (DKBA), un groupe rebelle birman accusé d’avoir permis l’implantation de scam centers dans les zones sous son contrôle. Le mouvement est également mis en cause pour des actes de violence commis contre des travailleurs soumis au travail forcé.