Un tribunal sud-coréen a condamné, ce 13 juillet, l’ancien président Yoon Suk Yeol à deux ans de prison pour avoir bénéficié illégalement de sondages d’opinion financés à hauteur de 2,7 milliards de wons (environ 157 500 euros). Ces prestations auraient été offertes gratuitement entre 2021 et 2022 par un intermédiaire politique, en échange de son soutien à un candidat lors d’une élection législative partielle.
La justice sud-coréenne a estimé que l’ancien chef de l’État avait enfreint la loi sur le financement politique. « Le tribunal l’a aujourd’hui reconnu coupable d’avoir enfreint la loi sur le financement politique et l’a condamné à deux ans de prison », a déclaré un représentant de la juridiction.
Les avocats de Yoon Suk Yeol ont immédiatement annoncé leur intention de faire appel de cette décision.
En Corée du Sud, une affaire impliquant également son épouse, Kim Keon Hee
Selon le tribunal, l’ancien président aurait agi avec la complicité de son épouse, Kim Keon Hee. La justice doit également se prononcer jeudi 16 juillet sur son dossier devant la Cour suprême.
Kim Keon Hee a déjà été acquittée à deux reprises dans cette affaire de sondages, mais elle a parallèlement été condamnée à sept ans de prison pour corruption. Elle purge également une peine de quatre ans d’emprisonnement dans une affaire liée à une manipulation boursière.
Une condamnation qui s’ajoute à un lourd passif judiciaire
Cette nouvelle peine s’ajoute à plusieurs autres condamnations visant l’ancien président sud-coréen, actuellement détenu. En février, Yoon Suk Yeol avait été condamné à la prison à vie pour « insurrection », après sa tentative d’instaurer la loi martiale en 2024 et l’envoi de militaires au Parlement afin d’en empêcher le fonctionnement. Il a fait appel de cette décision.
En juin, il avait également écopé de 30 ans de prison pour avoir ordonné l’envoi de drones vers la Corée du Nord dans le but de provoquer Pyongyang et de créer un prétexte à l’instauration de la loi martiale en décembre 2024.
La crise politique avait finalement conduit la Cour constitutionnelle sud-coréenne à destituer définitivement Yoon Suk Yeol le 4 avril 2025, une décision adoptée à l’unanimité par les juges.