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Afrique du Sud : le Ghana rapatrie près de 300 ressortissants sur fond de tensions xénophobes

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Face à la montée des violences xénophobes en Afrique du Sud, près de 300 Ghanéens ont été rapatriés par Accra. Plus de 800 demandes de retour ont déjà été enregistrées.
Afrique du Sud : le Ghana rapatrie près de 300 ressortissants sur fond de tensions xénophobes
Une mère nigérienne dans les rues d'Abobo, en Côte d'Ivoire, le 28 mars 2022.

Près de 300 ressortissants ghanéens ont quitté l’Afrique du Sud mercredi 27 mai, à l’aube, à bord d’un vol de rapatriement affrété par Accra. Il s’agit de la première opération de ce type depuis la montée des tensions xénophobes observée ces derniers mois dans le pays, marquée par des manifestations parfois violentes contre les étrangers.

Devant l’ambassade du Ghana, transformée en centre d’enregistrement, Comfort surveille une pile de bagages en attendant son transfert vers l’aéroport. Ancienne propriétaire d’un salon de coiffure dans une petite ville sud-africaine, elle a décidé de rentrer avec sa famille. « Je veux rentrer au Ghana. J’ai peur. L’Afrique du Sud, c’est trop pour moi », confie-t-elle.

Une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, montrant un ressortissant ghanéen agressé verbalement dans la rue par des militants hostiles aux immigrés, a renforcé l’inquiétude au sein de la communauté ouest-africaine. Plus de 800 demandes de rapatriement ont déjà été déposées, alors qu’environ 16 000 Ghanéens résident en Afrique du Sud.

« Certains Ghanéens sont cloîtrés chez eux depuis trois semaines. D’autres ne peuvent plus envoyer leurs enfants à l’école », alerte Ben, un membre de la communauté.

En Afrique du Sud, une communauté inquiète face à la montée des tensions

Le haut-commissaire du Ghana en Afrique du Sud, Benjamin Quashie, précise que parmi les 300 premiers ressortissants enregistrés pour ce départ, près de la moitié se trouvent légalement sur le territoire sud-africain. « Sur les autres dossiers, environ 60 % concernent des personnes ayant déjà transmis des demandes de renouvellement de documents, restées sans réponse », explique-t-il. S’il reconnaît des défaillances administratives, le diplomate estime néanmoins que « l’approche adoptée pour résoudre ces problèmes n’est pas la bonne ».

Installé à Pretoria depuis 2013, Mustapha, chauffeur de 36 ans et père d’un enfant de trois ans, affirme vouloir avant tout protéger sa famille. « Les attaques xénophobes reviennent régulièrement. Quand ils annoncent qu’ils vont passer à l’action, je les crois », témoigne-t-il.

La communauté ghanéenne redoute désormais l’échéance du 30 juin fixée par des organisations mobilisées contre l’immigration illégale, craignant une nouvelle flambée de violences. Les autorités sud-africaines appellent toutefois au calme. Le chef de la diplomatie sud-africaine a dénoncé la diffusion de fausses informations et rappelé qu’aucun Ghanéen n’avait été tué lors des récentes manifestations. De son côté, le secrétaire général de l’ANC a évoqué mardi 26 mai la possibilité d’instaurer des quotas migratoires et a mis en garde les entreprises employant des étrangers en situation irrégulière.

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