EUROPE

Des drones égarés sur fond de guerre électronique dans les pays baltes

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Des drones détournés par le brouillage russe s’écrasent en Estonie et en Lettonie, révélant les failles de la défense aérienne des pays baltes et les tensions croissantes liées à la guerre en Ukraine.
Des drones égarés sur fond de guerre électronique dans les pays baltes
Le drone FT80 est développé par Thales et Seair. Le drone FT80 est développé par Thales et Seair

Le 7 mai au matin, un drone s’est écrasé sur un réservoir de pétrole vide dans l’est de la Lettonie. Plus tôt dans l’année, un autre appareil avait déjà chuté à Auvere, sur une centrale électrique en Estonie. Depuis juillet 2025, plusieurs drones ukrainiens, initialement dirigés vers des ports russes en mer Baltique, sont brouillés par les systèmes de guerre électronique russes et finissent leur trajectoire dans l’espace aérien des pays baltes. Jusqu’à présent, ces incidents n’ont causé que des dégâts matériels limités.

Dans la région, cette situation est perçue comme un effet collatéral direct du conflit entre la Russie et l’Ukraine, notamment des attaques ukrainiennes visant de plus en plus les infrastructures énergétiques des ports russes au nord de la Baltique. Les autorités baltes rappellent que ces incursions de drones découlent de la guerre déclenchée par Moscou le 24 février 2022.

Une défense aérienne sous pression et des inquiétudes croissantes face aux drones

Pour Hanno Pevkur, ministre estonien de la Défense, ces incidents s’expliquent par l’intensification des contre-mesures russes : « Les Russes mettent en œuvre des contre-mesures massives. Quand on utilise le brouillage et l’usurpation de signaux à proximité de l’Estonie, cela signifie que certains sont redirigés par accident ou de manière délibérée vers le territoire de l’Otan. » Il rejette par ailleurs les accusations relayées par Moscou selon lesquelles l’Otan faciliterait les attaques ukrainiennes : « Cela n’a jamais été le cas, et l’Ukraine ne nous l’a jamais demandé. »

Face à la répétition de ces incidents, des experts ukrainiens doivent désormais coopérer avec les pays baltes pour réduire les risques. Mais la question de la protection aérienne reste centrale. Longtemps considérée comme un point faible, elle suscite des inquiétudes croissantes. Les missions de police du ciel de l’Otan, assurées notamment par des chasseurs français basés à Šiauliai en Lituanie, ont dû intervenir à plusieurs reprises pour surveiller la situation.

Dans les faits, plusieurs incidents récents illustrent les limites des systèmes de détection : un drone a été retrouvé des jours après sa chute près de Vilnius, et en Lettonie, les autorités n’ont alerté la population que plusieurs heures après un crash. Les experts locaux s’interrogent sur l’efficacité des radars et capteurs acoustiques, jugés insuffisants face à des drones de plus en plus difficiles à détecter.

Les pays baltes accélèrent donc le renforcement de leur surveillance, avec une approche dite « multicouche », combinant radars, capteurs et unités mobiles. De nouveaux équipements, comme des radars de basse altitude et des systèmes d’interception, sont en cours de déploiement ou de test.

Enfin, ces enjeux sont intégrés aux exercices militaires comme Spring Storm en Estonie, où drones et systèmes autonomes occupent désormais une place centrale. Mais sur le terrain, à proximité immédiate de la frontière russe, les risques de brouillage et d’interférences restent constants, rappelant la fragilité de l’équilibre sécuritaire dans la région.

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