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États-Unis : Todd Blanche accusé de mettre la justice au service de Donald Trump

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La nomination de Todd Blanche à la tête du ministère américain de la Justice suscite de vives critiques. Des experts dénoncent une institution de plus en plus alignée sur les intérêts de Donald Trump.
États-Unis : Todd Blanche accusé de mettre la justice au service de Donald Trump
Todd Blanche, procureur général par intérim des États-Unis

Depuis l’arrivée de Todd Blanche à la tête par intérim du ministère américain de la Justice, plusieurs experts dénoncent une dérive politique de l’institution, désormais accusée d’agir au service direct du président Donald Trump.

Todd Blanche a été désigné après le limogeage début avril de Pam Bondi, fragilisée par plusieurs échecs judiciaires dans des dossiers visant des personnalités considérées comme des adversaires politiques du président républicain. Parmi elles figuraient James Comey et Letitia James.

Ancien avocat personnel de Donald Trump, Todd Blanche avait déjà assuré sa défense dans plusieurs procédures pénales, notamment dans deux affaires fédérales abandonnées après l’élection présidentielle de novembre 2024.

Pour Barbara McQuade, professeure de droit à l’Université du Michigan, la situation marque une aggravation inquiétante : selon elle, le ministère de la Justice fonctionne désormais davantage comme « le cabinet d’avocats personnel » du président américain que comme une institution indépendante.

Todd Blanche : des poursuites controversées et un ton jugé « trumpien »

Les critiques se concentrent notamment sur plusieurs procédures engagées récemment sous l’autorité de Todd Blanche. Le ministère de la Justice a ainsi poursuivi le Southern Poverty Law Center (SPLC), accusé d’avoir financé des informateurs infiltrés dans des mouvements suprémacistes blancs.

Parallèlement, une nouvelle inculpation visant James Comey suscite l’incompréhension dans les milieux juridiques. L’ancien directeur du FBI est poursuivi après avoir publié sur les réseaux sociaux une photo montrant des coquillages formant l’inscription « 86 47 », interprétée par les autorités comme une menace implicite contre Donald Trump.

L’ex-procureur fédéral Randall Eliason a dénoncé une affaire « improbable » et politiquement motivée, estimant qu’elle vise avant tout à punir un opposant désigné par Donald Trump, même sans perspective réelle de condamnation.

D’autres observateurs pointent également le ton inhabituel adopté par le ministère dans certains documents officiels. Dans un recours lié à un projet de salle de bal géante à la Maison Blanche, les services de Todd Blanche ont accusé une organisation de préservation du patrimoine de souffrir d’une « NEVROSE ANTI-TRUMP », une formule rappelant le style offensif régulièrement utilisé par Donald Trump sur son réseau social Truth Social.

Lors de sa première conférence de presse comme ministre par intérim, Todd Blanche a défendu les poursuites engagées contre les adversaires du président, estimant que Donald Trump avait le « devoir » de veiller à ce que justice soit rendue.

Une vision vivement contestée par Barack Obama, qui a rappelé cette semaine que le ministre de la Justice devait être « l’avocat du peuple » et non « le consigliere du président », en référence aux conseillers des parrains mafieux.

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