La Russie et l’Ukraine se sont mutuellement accusées vendredi 8 mai de ne pas avoir respecté le cessez-le-feu unilatéral annoncé par Moscou et entré en vigueur à minuit à l’occasion des commémorations du 9-Mai. Chaque camp fait état d’attaques de drones et rejette la responsabilité des violations.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que les forces russes avaient lancé plus de 850 drones au cours de la nuit de jeudi à vendredi. Selon lui, 56 appareils ont été abattus hors de la zone de front, dans différentes régions du pays. Moscou, de son côté, avait assuré que les tirs seraient « complètement » suspendus le long de la ligne de front et contre les infrastructures militaires en profondeur, tout en prévenant d’éventuelles « représailles » en cas de perturbation des célébrations.
Ukraine et Russie : alerte humanitaire dans les zones occupées de la région de Kherson
Dans le même temps, l’Ukraine alerte sur une dégradation critique de la situation humanitaire dans les territoires occupés de la région de Kherson, dans le sud du pays, théâtre de combats intenses depuis 2022. Le ministère ukrainien des Affaires étrangères dénonce des conditions de vie devenues « catastrophiques ».
Selon le chef de la diplomatie ukrainienne Andrii Sybiha, les évacuations civiles sont entravées par les affrontements, tandis que les habitants manquent d’électricité, d’eau potable, de nourriture et de médicaments essentiels. Il affirme également que certaines tentatives de fuite seraient visées par des drones.
La population de la zone la plus touchée serait passée de 40 000 habitants au début de l’occupation à environ 6 000 aujourd’hui, dont 200 enfants. Kiev indique avoir reçu plus de 200 demandes d’évacuation et mène des consultations urgentes avec l’ONU et le Comité international de la Croix-Rouge afin de mettre en place des secours et des couloirs humanitaires, tout en appelant à une pression internationale sur Moscou pour le respect du droit humanitaire.