La Cour suprême du Sénégal a ordonné, le 28 avril, la remise en liberté de l’homme politique Farba Ngom, député-maire et proche de l’ancien président Macky Sall.
Cette décision intervient après plus de quatorze mois d’incarcération, confirmant ainsi l’ordonnance rendue en janvier par la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar, qui avait déjà validé une libération provisoire. Le procureur de la République près du pool judiciaire financier avait toutefois contesté cette décision.
Placée en détention en février 2025, cette figure de l’Alliance pour la République (APR) était poursuivie pour plusieurs infractions présumées, notamment « association de malfaiteurs en vue de blanchiment », « blanchiment de capitaux » et « escroquerie portant sur les deniers publics ». Son dossier s’appuyait notamment sur un signalement de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), évoquant des transactions suspectes estimées à 120 milliards de F CFA entre ses sociétés immobilières et le Trésor public.
Libération de Farba Ngom : une affaire judiciaire aux fortes répercussions politiques
La défense de Farba Ngom avait mis en avant son état de santé jugé fragile pour justifier une libération. Sa remise en liberté intervient dans un contexte politique sensible, où l’affaire était devenue un symbole des engagements du gouvernement en matière de lutte contre la corruption et de reddition des comptes.
Cette décision judiciaire est perçue par certains observateurs comme un revers pour les autorités actuelles, notamment le Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait fait de ce dossier un exemple de sa politique de transparence et de lutte contre les pratiques financières illicites.