Fragilisé par plusieurs déconvenues parlementaires ces dernières semaines, le Premier ministre Sébastien Lecornu entend imposer une nouvelle méthode de travail avec les groupes de la majorité relative. Lors d’une réunion tenue lundi soir avec les présidents des formations du socle commun, l’exécutif a acté l’abandon des motions de rejet préalables, jusque-là utilisées pour écourter l’examen de certains textes. Matignon considère désormais que cette pratique, bien qu’efficace pour accélérer la procédure législative, est « contraire à la démocratie parlementaire ».
Cette inflexion intervient après une série de revers dans l’hémicycle : suspension de deux propositions de loi sous la pression de l’opposition, sur le travail du 1er Mai et sur l’antisémitisme, mais aussi rejet d’un projet de loi sur l’assurance chômage faute d’une mobilisation suffisante des députés soutenant le gouvernement. Ces échecs ont convaincu l’exécutif de revoir sa stratégie afin d’éviter de nouvelles impasses lors des prochains débats.
Une majorité sommée de mieux se coordonner et de se mobiliser, affirme Sébastien Lecornu
Au-delà de la fin de ces procédures de rejet, les partenaires de la majorité ont convenu de renforcer leur discipline collective. Les présidents de groupe devront désormais se consulter avant d’inscrire leurs propositions de loi dans les niches parlementaires respectives, avec pour objectif d’éviter les fractures internes au bloc central et les initiatives non concertées.
Autre priorité fixée par Matignon : garantir une présence plus importante des députés lors des scrutins sensibles. Les textes d’initiative gouvernementale seront prioritairement soumis au vote les mardis et mercredis, jours où l’hémicycle est traditionnellement plus fourni, afin de prévenir tout nouveau revers comme celui enregistré sur l’assurance chômage. En parallèle, le gouvernement promet d’engager en amont une concertation plus étroite avec les groupes parlementaires pour sécuriser l’examen de ses futurs projets de loi. Une tentative de reprise en main qui illustre la volonté de Sébastien Lecornu d’installer un fonctionnement plus coordonné dans une Assemblée où chaque vote demeure incertain.