Le torchon brûle entre Washington et Madrid. Selon une note interne du Pentagone consultée par l’agence Reuters, les États-Unis étudieraient sérieusement la suspension de l’Espagne de l’Otan. Cette mesure radicale ferait suite à l’opposition frontale du gouvernement de Pedro Sánchez à l’offensive menée contre l’Iran depuis février dernier.
La colère de Donald Trump s’est cristallisée autour du refus espagnol de laisser les forces américaines utiliser les bases militaires d’Andalousie pour des frappes aériennes. Le président américain, fidèle à son style abrasif, a déjà menacé de rompre tout lien commercial avec Madrid, dénonçant un manque de solidarité au sein de l’organisation politico-militaire.
La réplique d’Espagne : légalité internationale et sérénité affichée
Face à ces révélations, le Premier ministre espagnol a choisi de jouer la carte de la stabilité lors d’un sommet européen à Chypre. Pedro Sánchez a balayé les rumeurs, affirmant que son gouvernement ne réagissait qu’aux « documents officiels » et non à des fuites de courriels. Tout en réitérant son engagement envers ses alliés, il a souligné que toute action espagnole devait rester strictement « dans le cadre de la légalité internationale ».
Outre le dossier iranien, un autre point de friction persiste : le financement de la défense. Washington exige que Madrid porte ses dépenses militaires à 5 % de son PIB, conformément aux nouvelles ambitions de l’Otan. Pour l’heure, l’Espagne reste loin de cet objectif, alimentant un climat de méfiance qui fragilise l’unité de l’Alliance au Moyen-Orient.