Le Soudan du Sud se trouve à un « tournant critique », alertent des experts indépendants mandatés par l’ONU, alors que les tensions entre les forces du président Salva Kiir et les partisans de Riek Machar s’intensifient dangereusement. La résurgence des affrontements fait craindre une rechute dans une guerre civile, quelques années seulement après les accords de paix de 2018.
Sur le terrain, les signaux d’alerte se multiplient : violences contre les civils, attaques visant les travailleurs humanitaires et destructions d’infrastructures essentielles. Des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les combats, aggravant une crise humanitaire déjà critique. Face à cette dégradation rapide, les experts appellent à une mobilisation urgente pour éviter une conflagration généralisée.
Violences généralisées et urgence humanitaire au Soudan du Sud
Le fragile équilibre issu du partage du pouvoir semble aujourd’hui rompu. La mise à l’écart du vice-président Riek Machar a ravivé les tensions politiques et militaires, entraînant une multiplication des affrontements dans plusieurs régions du pays. Les observateurs décrivent une violence systématique : hôpitaux pillés, écoles incendiées, points d’eau sabotés et populations civiles directement ciblées.
Les conséquences humanitaires sont dramatiques. Dans certaines zones comme l’État de Jonglei, des centaines de milliers de personnes, majoritairement des femmes et des enfants, ont été déplacées. Privées d’accès à la nourriture, aux soins et à la sécurité, ces populations survivent dans des conditions précaires.
Face à cette spirale, les experts insistent sur la nécessité d’une cessation immédiate des hostilités, d’un retour au dialogue politique et d’une lutte effective contre l’impunité. Sans une action rapide de la communauté internationale, le pays risque de sombrer dans une crise aux conséquences irréversibles.