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Corée du Sud : Yoon Suk-yeol condamné à la prison à vie pour insurrection

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L’ancien président sud-coréen Yoon Suk-yeol a été condamné, jeudi 19 février, à la prison à vie pour insurrection, après avoir décrété la loi martiale le 3 décembre 2024. Il avait justifié cette décision en dénonçant des « forces hostiles à l’État », tandis que l’armée était déployée pour encercler le Parlement et en empêcher le fonctionnement.
Corée du Sud : Yoon Suk-yeol condamné à la prison à vie pour insurrection
L'ancien président de la Corée du Sud, Yoon Suk Yeol

Reconnu coupable par le tribunal central du district de Séoul, l’ex-chef d’État conservateur échappe toutefois à la peine de mort, requise par le parquet. « Nous condamnons Yoon à la prison à vie », a déclaré le juge Ji Gwi-yeon à l’énoncé du verdict.

Un coup de force avorté en six heures

La loi martiale, annoncée à la télévision de manière soudaine, n’aura finalement été en vigueur que six heures. Malgré le déploiement militaire, des députés ont réussi à pénétrer dans l’hémicycle — certains en escaladant les grilles — afin de réunir un quorum suffisant pour bloquer la manœuvre présidentielle.

Cette tentative a ravivé les souvenirs des dictatures passées dans un pays attaché à sa stabilité démocratique. Elle a provoqué une onde de choc politique et économique, secouant les marchés et suscitant l’inquiétude à l’étranger.

Dans les mois qui ont suivi, la crise s’est accélérée : suspension de Yoon par l’Assemblée nationale, arrestation après une première tentative infructueuse, destitution en avril, puis victoire de son rival Lee Jae-myung lors de l’élection présidentielle anticipée de juin.

Une crise politique aux lourdes conséquences

Le verdict a été suivi par des millions de Sud-Coréens, mobilisés pendant des mois pour ou contre l’ancien président. Jeudi, des milliers de ses partisans se sont rassemblés devant le tribunal pour réclamer l’abandon des poursuites.

Âgé de 65 ans, Yoon Suk-yeol a toujours nié toute faute, affirmant avoir agi pour « préserver la liberté » et contrer ce qu’il qualifiait de « dictature législative » de l’opposition majoritaire au Parlement.

Le tribunal a également reconnu coupable l’ancien ministre de la Défense Kim Yong-hyun et doit encore fixer les peines des autres coaccusés. L’ex-Premier ministre Han Duck-soo a été condamné fin janvier à 23 ans de réclusion, tandis que l’ancien ministre de l’Intérieur Lee Sang-min a écopé de sept ans de prison pour son rôle dans cette affaire, qui marque l’une des plus graves crises institutionnelles qu’ait connues la Corée du Sud ces dernières décennies.

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