EUROPE

Theodora, la « Boss Lady » qui a conquis les Victoires de la musique

EUROPE
Sans se plier aux codes dominants, mais en imposant les siens, Theodora s’est imposée en un temps record comme l’un des nouveaux visages majeurs de la scène musicale francophone. À 22 ans, la chanteuse franco-congolaise a marqué les Victoires de la musique en décrochant quatre trophées, confirmant une ascension fulgurante amorcée à peine un an plus tôt.
Theodora, la « Boss Lady » qui a conquis les Victoires de la musique
La chanteuse franco-congolaise Theodora, également surnommée Boss Lady

Donnée favorite, la « Boss Lady » a remporté les prix de la meilleure création audiovisuelle pour « Fashion Designa » (14 millions de vues sur YouTube), révélation féminine, révélation scène et meilleur album pour Mega BBL. Une soirée qui a également distingué la Québécoise Charlotte Cardin et salué le virage artistique de Disiz.

Sur scène, Theodora a tenu à remercier celles et ceux qui ont ouvert la voie, citant Aya Nakamura et Tiakola, figures qui ont contribué, selon elle, à élargir les horizons de la pop urbaine en France.

Une ascension éclair de Theodora

Réédition de sa première mixtape Bad Boy Lovestory, Mega BBL s’est hissé parmi les albums les plus vendus de 2025. L’opus assume un éclectisme revendiqué, mêlant hyperpop, rap et influences afro-caribéennes, avec des collaborations allant de Jul à Juliette Armanet.

D’une ambiance à l’autre, l’artiste navigue sans frontières : festive sur « Fashion Designa », plus introspective sur « Ils me rient tous au nez », mélancolique sur « melodrama », en duo avec Disiz. Invitée de Quotidien, elle revendiquait une musique « synthèse de plusieurs influences et cultures ».

Soigneusement mis en scène, ses clips et ses looks flamboyants participent à forger une identité forte. Son surnom « Boss Lady » est même devenu une expression populaire pour désigner une femme affirmée et indépendante.

Une artiste engagée et façonnée par l’exil

Née en Suisse de parents congolais réfugiés, Lili Théodora Mbangayo Mujinga a grandi entre plusieurs pays avant de s’installer en France. Un parcours marqué par les déplacements – Suisse, Grèce, Congo, La Réunion – qui nourrit aujourd’hui sa richesse musicale.

Bonne élève passée par une classe préparatoire, brièvement engagée au conseil régional de Bretagne, elle envisageait un temps une carrière politique. Mais en 2022, installée à Saint-Denis avec son frère et beatmaker Jeez Suave, devenu son manager, elle choisit de miser entièrement sur la musique.

La révélation intervient en septembre 2024 avec « Kongolese sous BBL », porté par des sonorités bouyon. Entre humour et affirmation de soi, elle célèbre son corps et revendique son identité. Se définissant comme queer, elle utilise également sa notoriété pour dénoncer les discriminations et s’opposer aux récupérations politiques, notamment après l’utilisation de sa musique par Jordan Bardella, président du Rassemblement national.

En l’espace de quelques mois, Theodora est devenue plus qu’une révélation : un symbole générationnel.

L'INFO EN CONTINU

Toute l'actualité

À LIRE ENSUITE

LES PLUS LUS